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Griffer les genêts et les genévriers,
Admirer les bandes régulières de cistes,
Captiver sans fin les divers orchis,
Aspirer les thyms et les lavandes,
Se pencher pour épouser la courbure des cyprès,
Galvaniser les alignements de ceps,
Vouloir disparaître sous les chênes verts,
Courir avec le lièvre dans la garrigue,
Prendre son envol avec l’aigle de Bonelli,
Planer auprès des précieuses chauves-souris,
Tenir tête au cers comme les oliviers,
Se faufiler auprès de la couleuvre de Montpellier,
Vouloir ressentir être un chèvrefeuille,
Rassembler l’iris et l’asphodèle,
Etre déférent avec les euphorbes,
Ne plus craindre pour les buis,
Goûter la salsepareille ou la garance,
Aimer l’ail rose ou la potentille,
Embrasser les muscaris et le lin,
Flâner au bord de l’abîme,
Marcher sur les frontières du vide,
Happer par les colonnes de calcaire,
Se perdre à vider sans fin ses abris,
S’oublier au fond d’une grotte,
Hiberner avec mes oursons,
Se rêver être un chasseur respecté,
S’imaginer peut-être grand chaman,
Accéder à des petites failles pleines de mystères,
Se vouloir être combattant,
S’abriter sans crainte de l’ennemi,
Respirer sans peur sur les bords du vertige,
Vouloir vivre chaque instant à son contact,
Se perdre à chercher à le faire,
Respecter toujours la nature.
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