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En un si peu de temps
Je pose sur les rails mes bagages usés,
Un train de vie s’en va vers des lieux illusoires,
Une source se saoule en buvant mes déboires,
Je respire des mots dans leur souffle d’apnée.
Je perçois dans mon deuil le séisme de l’âme,
L’abandon se console d’une laisse coupée,
Des chansons me rassurent, je les ai fredonnées
Jusque à ressusciter des souvenirs de calme.
Un vol de nuit s’en va voir le lever du jour,
Je lui confie mes mots, mes messages, mes lettres,
Puisque il va se poser en douceur sur mon être
Et que la poésie n’est pour moi qu’un secours.
Le soir a détourné ses prières captives,
Le silence me dicte les paroles qui tuent,
La lampe du plafond gît déjà suspendue
Des larmes suicidées vont me chanter ‘’ L’eau vive ‘’.
Dans le noir de ma chambre, des ombres se mutilent,
Le brouillard les dissipe dans des tâches de sang,
Des rendez-vous manqués m’attendent sur un banc,
En décomptant les heures aux spasmes immobiles.
Les aiguilles lacèrent le cadran de mes joues,
Quand l’amour n’est plus là, le cœur se désespère,
Il me faut oublier les émotions pubères
Qui auront bien plus tard des gestes de dégoût.
Une sirène sort des profondeurs opaques,
Déchire par ses cris le chœur de mon plain-chant,
L’étrave la poursuit et déchire son flanc,
La douleur me contemple au milieu d’une flaque.
Isolée dans son parc, une statue m’observe
Tant mon désir d’étreintes voudrait la consoler,
Sa beauté est de marbre et son corps dénudé
Suscite le désir de lui tendre mes lèvres.
En un si peu de temps le charme se transmue,
Vers l’orée de ce corps aux formes inviolables,
Quand un brin de folie cueille le raisonnable,
Tout espoir de bonheur n’est jamais superflu.
Claude écrit le 15 Avril 2020
( ancien poème de 2011 )
https://www.youtube.com/watch?v=OvK9VjLeW7E
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