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Sentiments improvisés
( Expérience d’une nuit de morphine
suite à une opération chirurgicale )
La mer est plate comme un tableau d’école
la craie des falaises en profite
pour lui écrire
la réitération de sa marée ascendante
La brume édulcorée stigmatise ses caprices
sur la friche des vagues
l’écume délaissée
assoiffe sa cascade de flots
qui caracolent
Un peu de sel pimente
son cristal d’injustice
l’alchimie de la morphine ne saurait la guérir…
Les murs cachent des précipices
Un papillon butine
de ses ailes mutines
il se peut que mes doigts cherchent à le froisser…
comment puis-je faire pour momifier
ses couleurs ?
Je prends le pouls des nuages,
je sais qu’ils vont mourir
ils en sont bien conscients
pourtant leurs cathéters perfusent
encore le ciel
Les astres insondables
me font des confidences,
le soleil me distille les rêves de sa nuit,
accoudé à son balcon de lumière
Une clé a réussi à m’ouvrir
la porte de l’ Univers
tout n’y est que particules réduites en poudre…
je vais devoir dépoussiérer
les étoiles
Je cherche l’eau de ce poème
dont je fais abstinence
ces mots qui ne remonteront jamais
du fond
de mon puits perdu
Les secondes tressent les heures
qui me restent à vivre…
le froissement des draps tétanise mes plaies…
les roues d’un train me découpent sur des rails illusoires…
Je me réconcilie avec mon sourire…
Claude le 19 Avril 2020
( ancien poème écrit dans une
chambre d’ Hôpital )
https://www.youtube.com/watch?v=3KObylIFm-c
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