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A l’horizon, dans un nuage, se mélangent terre et mer.
La haute silhouette des arbres à peine perdure.
Les longs près si verts s’offrent en pâture.
Spectateur insomniaque, vaguement, tu restes amer.
Les lapins sombres qui s’effrayent et se cachent.
Les moutons, qui sous leur abri, se glissent.
Le cheval aussi, dans cette terreur s’immisce.
Bestiaire d’apocalypse bercé par la vache.
Me diras-tu à quoi tu songes
Contemplant de loin cet espace,
Claquemuré comme une vieille race ?
Le murmure qui s’échappe de tes lèvres est si léger qu’en vain il s’allonge.
Ton silence t’habite comme une geôle dont on ne sort que sur autorisation.
Nul n’a dit auprès de qui l’obtenir et te voilà emmuré, priant Notre Dame de Sion.
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