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L’ histoire du Saké
( C’est un fameux trois mâts )
Ca faisait des années qu’il attendait la quille
Pour pouvoir sur les mers bravement naviguer.
Posé sur un buffet, il rêvait des Antilles
En regardant la carte sur le mur accrochée.
Un vieux marin d’eau douce l’avait mis en chantier
Et miniaturisé à très petite échelle,
Il avait eu du mal à pouvoir l’assembler,
Mais bien qu’il soit réduit, c’état un beau modèle.
Qui aurait pu penser qu’un jour il appareille,
Ce trois mâts si fragile venu là s’échouer,
Ancré depuis des ans au creux d’une bouteille
Où par le petit trou, on l’avait fait entrer.
Sous sa coque vernie, on avait déposé
Pour le stabiliser du sable de rivière,
Quelques petits cailloux en guise de rochers
Et un vieux chiffon bleu pour imiter la mer.
Ce n’était pas l’ Hermione, La Nina, Le Bounty,
Il n’avait pas l’allure des belles caravelles,
Sa voilure légère le rendait moins hardi
Et ses plus gros cordages n’étaient que des ficelles.
Pas un seul matelot n’était là sur le pont,
Il avait l’apparence de ces vaisseaux fantômes
Mais il trônait pourtant au milieu du salon
Sans avoir transporté une goutte de rhum.
N’ayant jamais connu la peur de l’abordage,
Pas un cœur de Pirate ne l’a fait chavirer,
Il n’a eu à son bord pas le moindre équipage
Dont aurait fait partie Robinson Crusoé.
Il n’a jamais cassé son grand mât de misaine,
Jamais connu d’escales à Chypre ou Bornéo,
Jamais connu les quais d’ Anvers ou de Shenzen
Pas plus qu’il n’a croisé les feux de Saint Malo.
Il n’a jamais filé je crois le moindre nœud,
Gagné le ruban bleu du record de vitesse,
Lui ne s’est contenté que des doigts minutieux
Qui glissaient dans le verre un ensemble de pièces.
Aucun filet de vent, pas un grain de poussière
Qui ne pouvait passer par cet étroit goulot,
C’était le calme plat, ses voiles prisonnières
N’essuyaient pas la foudre d’orages tropicaux.
C’est sur il n’avait pas découvert l’Amérique,
Fait la route de Indes ou doublé le Cap Horn,
Lui, il mouillait ici, rue des Flots, au Croisic
Et sa coque vieillotte n’était pas en carbone.
Bien qu’on lui ai ouvert toutes les écoutilles,
Il n’avait pas tiré un seul coup de canon,
Et même jamais vu une bordée de filles
Saluer son retour à l’entrée d’un lagon.
Mais quand il se plaisait à rêver de tempêtes,
Un simple courant d’air le faisait ballotter,
Pas besoin d’une houle, de quelques vaguelettes,
C’est son imaginaire qui le faisait tanguer.
Bien sur des visiteurs qui étaient de passage
Disaient : ‘’ Oh ! quel bateau ! comment est-il entré ?’’
Mais d’autres attristés s’exclamaient : ‘’ Quel naufrage !
Il aurait mieux valu qu’il se soit sabordé. ‘’
Un soir le vieux marin dans un état d’ivresse
Croyant que la bouteille était remplie de vin
Voulant la déboucher, laissa par maladresse
Tomber l’objet précieux qui glissa de ses mains.
Aujourd’hui
Le loup de mer est mort, bien sur, d’une cirrhose,
Le nouveau locataire s’en est débarrassé,
Il trouvait le voilier un peu trop eau de rose
Et il l’a mis en vente dans un vide grenier.
Un gars qui passait là remarqua sa patine,
Négocia un bon prix, finit par l’acheter,
Et maintenant il vogue, peinard sur la piscine
En croyant qu’il traverse la Méditerranée.
Claude écrit le 25 Avril 2020
Ce texte a une histoire.
Je l'ai écrit en Juin 2015 suite à un texte qu'avait posté Ivy le
14 Juin 2015 et qui avait pour titre : '' Nigorizake ''
Dans son écrit Ivy parlait d'une bouteille de saké achetée dans
un vide grenier.
Cela m'avait inspiré et m'avait donné l'idée de ce texte que j'ai posté
le 15 Juin 2015.
Encore merci Ivy à la fois Muse et Inspiratrice.
https://www.youtube.com/watch?v=qYyaKNvcKEA
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