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Et le monsieur de la terrasse
Te sourira, derrière la glace.
Et tu seras à nouveau une femme,
Même si ça ne sert à rien,
Madame.
Et la frime au pas des chalands
Te fera sourire un instant,
Un peu...
Juste ce qu'il faut pour plisser les yeux,
Parce que ça te va si bien:
Un sourire aux ailes malades,
Un soupir de vieux camarades,
Un p'tit bistrot comme dans les films,
Les mots d'amour des magazines,
Le grand art
Du dernier regard.
C'est pas qu'tu sois déjà aigrie,
Mais, quand même, c'est pas la grande vie:
Tous ces rubans de tendresse en réclame
Pour des gosses qui changent de trottoir...
La Bardot d'avant les scooters,
La p'tite poupée chez les gangsters,
La star qui faisait plier les langueurs du soir,
Y'a plus grand monde qui vient la voir.
Un sourire aux ailes malades,
Un faux air de gosse en cavale,
Tu fredonnes un dernier tango
Pour faire la nique au scénario...
Tu frissonnes.
Tu n'aimes plus personne.
Des décolletés et des rince-doigts,
Des financiers, des filles en soie,
Des p'tits fours et des coups fourrés,
Du pain béni, des pièces montées,
Du rimmel jusqu'au fond des yeux
Pour leur belle morale "sauve qui peut!"
Et leur bonheur qui n'apprend plus à être heureux..
Finies les idylles des idoles,
Ce soir tu replies ton vieux rôle,
Toute triste.
Il sont partis, les derniers grands artistes,
Tourner pour de nouvelles étoiles...
Demain, tu prendras plus l'journal.
Un souv'nir à jamais magique,
Un p'tit air de kiosque à musique,
Le bonheur qui parle de toi
Comme si tu étais encore là...
Non! Tu vas
Pas pleurer pour ça...
Un sourire aux ailes malades,
Un faux air de gosse en cavale,
Et tombe la nuit américaine,
Pour un p'tit éclat sur ta peine,
C'est toi
Qui vient cacher la caméra.
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