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Mes Poèmes
Plutôt que de rester dans le fond d’un tiroir,
Oubliés, inutiles et malheureux peut-être
Mes poèmes aimeraient s’échapper pour savoir
Si ils sont appréciés sans qu’ils soient belles lettres.
Bien sur, j’aurais aimé que l’on puisse les lire,
Que des lèvres s’entre ouvrent pour les voir déclamer,
Qu’ils déclenchent une larme ou simplement un rire,
En toute modestie, en toute humilité.
Je ne demande pas qu’on les mette en brochure,
Comme ceux de Vigny, Lamartine ou Musset,
Je me contenterais qu’on en fasse lecture,
Que quelque un les récite le soir à la veillée.
Ils n’ont rien de subtil ni d’extraordinaire,
Ce ne sont que des mots sur un bout de papier,
Des mots que je partage, meurtris et solitaires
Mais qui livrent pourtant le fond de mes pensées.
Ah ! qu’ ils m’en ont coûté des heures de sommeil,
A chercher une rime pour qu’elle vous ravisse,
Le corps presque endormi mais l’esprit en éveil
Pour qu’au petit matin, épuisé, j’en finisse.
Bien sur, ça vaut la peine, ce n’est pas inutile
De perdre quelques heures, de sacrifier sa nuit
Pour trouver une histoire, en dénouer le fil….
Il est là le bonheur, caché dans un écrit.
Blottis dans la durée qu’impose le silence,
Quand seulement la plume en crissant fait un bruit,
Si calmes, m’ apaisant au-delà des nuisances
Ils viennent jusque à moi sans besoin que je prie.
Non ! ce n’est pas une œuvre, c’est seulement mon âme
Que j’ai su mettre à nu dans mes nuits d’insomnie,
Ce n’est rien qu’un recueil…si jamais il vous charme,
J’en aurai du plaisir et j’en serais ravi.
Ainsi en pénétrant dans mon intimité,
Vous pourrez mieux comprendre mes failles, mes blessures,
Pourquoi je ris de tout et pourquoi j’ai pleuré :
Joie ou mélancolie…j’ai du fendre l’armure.
J’aimerais que quelque un, afin qu’ils restent en vie
Les colporte partout, les plagient ou les volent,
Ils ne sont pas qu’à moi, je vous les offre aussi,
Si le cœur vous en dit, donnez leur la parole.
Plutôt que de languir dans un vieux secrétaire,
Mettez les donc en scène et offrez leur un rôle,
Donnez de la lumière à quelques simples vers
Retenus prisonniers dans un cahier d’école.
Quel regret de n’avoir pu les faire éditer,
Ils seraient dans un livre, dessus une étagère,
A côté de Prévert et de grands romanciers
Qui ne m’égalent pas…là bien sur j’exagère.
Trônant bien à la vue dans la bibliothèque,
Heureux d’être édités dans un noble format
Et qu’on en voit le titre sans se pencher la tête
Car l’en-tête du livre sera écrit en gras.
Lorsque je serais mort, bien sur on m’oubliera,
Ils finiront leurs jours dedans une poubelle,
Mais je préférerais qu’ils soient un feu de joie
Et dans la cheminée de simples étincelles.
Claude écrit le 3 Mai 2020
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