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Madame
Il me prend à rêver lorsque tombe le soir
Que nous nous confinons dedans votre Boudoir,
Là je vous offrirais en ce doux lieu exquis
Des leçons de Physique et de Philosophie.
Pour donner du piment mais sans que je vous force,
J’aimerais vous surprendre dedans votre carrosse,
Si vous le désirez, à la Cour de Versailles
Je peux vous introduire…mon Dieu, je suis canaille !
Vous êtes à mes yeux non seulement marrante
Mais comme chez Molière, une Femme Savante,
Ah oui je vous prédis belle Dame frivole
Dans cette Pièce là, d’avoir le premier rôle.
Vous qui avez les cartes, bien en main, sacrebleu
Pour séduire le Roi, cachez bien votre jeu,
Jouez à l'ingénue, allez au plus offrant
Et vous évincerez même la Montespant.
Alors que les intrigues autour du Roi pullulent
Montrez- vous plus Précieuse plutôt que Ridicule
Surtout n’hésitez pas à monter un Salon...
Oui un lieu de massage rempli de Cupidons.
Je connais des endroits ravissante coquine
Où vous serez la Reine de quelques parties fines,
Quand on est comme vous une fort jolie plante,
On se fait arroser dans des Fêtes Galantes.
Au milieu de Don Juan et de Casanova,
Vous aurez le plaisir d’être dans de beaux draps,
Vous leur ferez l’honneur de montrer vos dentelles
Ca émoustillera leur grand désir charnel.
Ah oui, j’en vois déjà qui de leur chef opinent,
Se disant à coup sur : ‘’ c’est bien qu’il la taquine ,
Mon Dieu, la pauvre fille élevée chez les sœurs
Qui avec deux Strauss Kahn va perdre son honneur ! ‘’
A la Cour, on le dit, c’est un panier de crabe,
On couche avec le Roi pour que ce soit rentable,
Et pour qu’il vous accorde aussi quelques faveurs,
Une rente fort belle, une jolie demeure.
Ici vous verrez bien, tous les coups sont permis,
C’est le règne des fourbes et de l’hypocrisie,
Dans ce milieu cruel déjà en décadence,
Lully vous montrera des petits pas de danse.
Ainsi de plus en plus il faudra vous courber
Mais pas uniquement dessus un menuet,
Tout vous sera permis et vous pourrez vous faire
En une seule nuit les quatre Mousquetaires.
Vous pourrez vérifier si ce cher D’Artagnan
Avec vous au plumard fait mouche tout le temps,
Ah ! vous allez en voir des vertes et des pas mures,
Des flasques, des joufflues, des molles et des dures.
En un mot vous aurez toute la panoplie
De ce que peu offrir Cyrano dans un lit,
Oui, vous serez touchée par l’art la manière
De la botte secrète du fameux Lagardère.
Madame quand je vois votre si fière allure,
J’aimerais que Watteau de vous fasse peinture,
Avec votre chapeau et votre lavallière,
On devine déjà ce qu’il y a derrière.
Chez vous tout n’est que luxe et calme et volupté,
On s’imagine pas que vous vous la pétez,
Car vous allez semer le bordel à la Cour
Jusque à en détrôner même La Pompadour.
Lorsque vous traversez la Galerie des Glaces,
Votre taille de guêpe suscite des audaces,
Tous les hommes soupirent, les femmes sont jalouses,
Vous avez même droit aux baisers des tarlouzes.
Je vous écris Madame , triste dans la cellule,
D’une vieille Abbaye ou j’ai pris du recul,
Mais quand je pense à vous et à votre amitié
Je dis merci à Dieu de vous avoir aimé.
Ecrit le 8 Mai 2020
https://www.youtube.com/watch?v=js5tH5NEwkc
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