|

Quoique j’appartenais aux étudiants abasourdis par l’univers
des mathématiques, j’étais invariablement séduit par cette
discipline,c’est pour cette singulière allégation, qu’il me fallait
conjecturer une graphie sur la diablerie des grandeurs
numériques.
Après de foisonnantes compulsions d’ouvrages absorbant ce
sujet, bien entendu les caractères arithmétiques et les figures
géométriques déclinent de la phase préhistorique, puisque
d’érudits prospecteurs ont élucidé de surprenants indices
remontant à plus de quatre mille ans avant Jésus Christ.
Les plus patriarcales sociétés contemplaient la farandole des
astres de l’immense empyrée, principalement les Sumériens,
des antiques cités d’Uruk, et de Nippur, qui vers l’an trois mille
avant JésusChrist, adoptaient antérieurement des registres
sélénites.
Dans quelle intention ces populations avaient préféré s’appuyer
sur un système de comptage privilégiant l’assiette soixante, qui
provoqua la division des heures en minutes et de ces dernières
en secondes.
Cette convenance sexagésimale reposerait découlerait d’une
association astucieuse de nos deux mains, ainsi les trois phalanges
des quatre doigts de la droite, hormis le pouce jouant un rôle
d’indicateur, mentionneraient les unités, la distale de l’auriculaire
le un, son intermédiaire le deux et sa proximale le trois, l’annuaire
serait associé au quatre, cinq, six, le majeur représenterait le sept,
huit, neuf et l’index correspondrait à dix, onze et douze, quant
aux cinq doigts de la gauche, ils recenseraient les douzaines, donc
pour l’auriculaire, on obtiendrait douze, pour l’annuaire, on parviendrait
à vingt-quatre, pour le majeur, on atteindrait trente-six, pour l’index
on accéderait à quarante-huit, et pour le pouce, on finirait à soixante.
A l’époque des autocrates de l’ancienne Égypte, uniquement les
dignitaires, importants de l’administration, préposés à la rédaction
de divers textes, réussissaient à domestiquer la phraséologie, ils
dominaient la gravure et la sculpture des idéogrammes sur des
pierres en utilisant principalement des ciseaux et des marteaux.
Les scribes étaient d’éminents spécialistes, ils étaient susceptibles
de régenter une comptabilité, ils étaient capables de recenser, de
contrôler, ils manipulaient avec dextérité le coupe-papier et le lissoir,
afin de restituer à la feuille de papyrus une surface admissible.
Ces transcendants orfèvres de la transcription épistolaire réalisée
sur des rouleaux élaborés à partir de végétaux aquatiques de la
famille des cypéracées, qui poussaient autrefois en bordure du
fleuve sacré, le Nil, ainsi que sur toute la superficie de son delta.
Cette extraordinaire plante était formée d’un pédoncule ligneux
au profil trilatéral soutenant des frondaisons, ordonnées en étoiles,
à son acmé, formant une sorte de disposition particulière de fleurs
adoptant la configuration d’un parasol, aux feuillages de couleur clair
pistache, légèrement turquoise, de proportion longiligne, de finesse
accorte, d’une robustesse persistante, couronnés de fleurons et
d’épillets de teinte brune.
Cette incarnation suprême de la Basse-Égypte particularisait la déité
providentielle Ouadjet, protectrice de la ville de Bouto, qui grâce à la
teinte verte de malachite, suggérait l’agrandissement, la fécondité des
terres, en outre le papyrus illustrait la reviviscence, la renaissance,
et la perpétuité, et que le dessin trigone de son support rappelait le
contour des pyramides et les sépultures royales, et que son ombelle
s’apparentait au flamboiement du soleil.
Les articulations transmettrices du savoir appliquaient une stratégie
de nommage des nombres en base dix, mais dans cette structure
ampliative, aucune trace du chiffre zéro, aussi dans cette numérotation
égyptienne additionnelle et non positionnelle, un bâton signifiait un,
un fer à cheval exprimait dix, un rouleau de papyrus enroulé traduisait
cent, une fleur de lotus valait mille, un doigt relevé et doucement
incliné révélait dix mille, un têtard désignait cent mille, et le dieu Heh,
agenouillé, les bras éployés, supportant le ciel indiquait le million.
Quittons à présent le continent africain, et aventurons-nous en
Chine, où pour une très grande partie de la population, la globalité
des notions explorant les ordres de grandeur était une mécanique
incontestable pour démêler les embarras de leur existence courante.
On peut prétendre, que l’habilité des mandarins dans l’application
du chiffrage, démontrait, qu’ils avaient rallié ce conséquent degré
de connaissances.
Une des majeures locutions dérivant de la numérotation consistait
à propager des formules dévoilées lors de l’année mille-huit- cent
quatre-vingt-dix-neuf par le grand savant et homme politique de
l’Empire Céleste Wang Yirong, qui décrypta maintes inscriptions
sur des os oraculaires, constitués de fragments de dossières ou de
plastrons de tortues, utilisés dans les prédictions monarchiques,
depuis le mitan de la généalogie des Shang jusqu’aux prémices de
la lignée des Zhou ; ces annotations, d’un cachet scriptural asiatique
original, furent baptisées écriture ossécaille.
Transmigrons présentement vers l’ouest, de manière à approcher
les cultures précolombiennes, nous chatouilleront dans un premier
temps la prépotence aztèque, autochtones de la coterie Nahuas,
qui s’étaient concentrés sur les altitudes géographiques du Mexique,
où ils bâtirent vers mille-trois-cent-vingt-cinq la ville de Tenochtitlan
qui était positionnée sur un modeste ilot, placé sur la partie occidentale
sur l’ancien lac salé Texcoco.
Les aztèques du Mexique détenaient un ordonnancement numérique
constitué de quatre figures, dont lequel le un était brossé par un
gros point reflétant le grain de maïs, le vingt invoquait un drapeau,
le quatre-cent objectait un plant de cette graminée, quant au
huit-cent symbolisait une poupée construite avec cette céréale, tout
en embrassant une logique édifiée sur le socle vingt comme les Mayas.
Cette ethnie didactique habitait la fraction australe du Mexique, et
la portion septentrionale de l’Amérique Centrale, principalement le
Guatemala et le Belize, avec d’infinitésimales minorités au Salvador,
et Honduras.
Je serais dans l’irrévocable impéritie d’accoster tous les thèmes
se référant aux cotations numériques, mais je survolerais le thème
émanant de la vie culturelle des Mayas, qui s’était affermie entre
trois-cent avant Jésus-Christ, et avait résisté jusqu’aux prémices
de l’an mille-cinq-cent, mais des calamités environnementales, des
conflits intestins incessants entre les cités, une désorganisation totale
politique et sociétale avaient précipité le déclin de cette entité.
Dans leur conformité logique, les chiffres, répertoriés d’un à dix-neuf,
se recopiaient selon une stratégie itérative adventive en appliquant
un principe de trois glyphes, dans un fondement vigésimal, vu
l’emploi d’un outil de calcul composé de la totalité des doigts et des
orteils, aussi un point apparenté à une fève de cacao présageait
une valeur d’un, et un trait ou bâton une globalité de cinq éléments,
en outre ils avaient imaginé le zéro brossé par un coquillage, ou
empruntant l’apparence d’un couteau sacrificiel.
Les Mayas savaient opérer la distinction entre la cardinalité, qui
précise une infinité d’objets n’observant pas de positionnement
et les nombres ordinaux obéissant à un classement d’articles
placés selon un rang défini, ce qui les autorisait à ne pas confondre
une date avec une durée.
Sans appréhension, l’on peut certifier que leur organisation numérale
empruntait une compulsation verticale, avec une lecture débutant
par le bas et se finissant par le haut, où la région inférieure convenait
à l’étendue de zéro à dix-neuf, la rangée au-dessus les multiples
de vingt, la troisième de trois-cent-soixante : (vingt x dix-huit), la
quatrième de sept-mille-deux-cent : vingt x dix-huit x vingt), la
cinquième de cent-quarante-quatre-mille : (vingt x dix-huit x vingt
x vingt), et ainsi de suite.
Abandonnons avec un léger serrement de cœur les splendeurs du
macrocosme précolombien pour fouler l’univers asiatique du Sud,
et nous acheminer en Inde, nation annonciatrice de notre présente
évaluation numérique de position, qui fut circonstanciée pour la
première fois dans un ouvrage de cosmologie, intitulé Lokavibhâga,
rédigé en prâkrit, parler courant et dialectal dérivé du sanskrit, le
vingt-cinq juillet quatre cent -cinquante-huit, selon le calendrier
julien, à Patalika, une ville ancienne, contigüe à la rivière sacrée la
Yamuna, par un religieux jaïn de croyance Digambara, adepte de la
nudité et de l’ascétisme, appelé Sarvanandi, qui mentionnait les
nombres en les traduisant par des lettres.
Beaucoup plus tard d’autres éminents analystes indiens, quelquefois
astrométrologues de l’âge classique, marquèrent leur venue d’une
pierre blanche, on peut introniser Aryabhata ou Arjabahr, qui naquit
vers quatre-cent-soixante-seize à Kusumapura, assimilé à l’existante
Patna, lieu inévitable du pèlerinage bouddhiste, et orchestra le vingt-et
un mars quatre-cent-quatre-vingt-dix-neuf un enrichissant précis
touchant à l’astrophysique et de l’algorithmique connu sous le label
Aryabhatiya construite sous forme de poèmes.
Subséquemment vint Bhāskara I, dont la venue sur terre coïnciderait
avec le millésime six-cent, et le trépas avec l’année six-cent-quatre
vingt, qui fut distingué en tant novateur de l’insertion des mesures
digitales dans le système de référence numérique de base dix,
en recourant à un cercle pour immortaliser le zéro, en apportant non
seulement une participation efficace dans le calcul des fractions,
mais aussi en permettant une mémorable et saisissante approche
de la fonction sinus, tout ceci advenant en l’an six-cent-vingt-neuf.
Dans la vénérable conjoncture encordée à l’événement des nombres,
il convient de ne pas négliger Brahmagupta, ressortissant de Multân,
municipalité située présentement au Pakistan dans la province de
Pendjab.
Ce coruscant savant, dont l’équipollente persistance vitale s’étala
de cinq-cent-quatre-vingt-dix-huit à six-cent-soixante, transfusa
un chapitre majeur de sa vie à Bhîlmal, qui fut la première capitale
du Gurjaradesa, et où il récolta un enseignement à la fois hindouiste
et orthodoxe.
Il est plus que probant que cet éminent mathématicien étudia les
écrits scientifiques grecs, il se plongea certainement dans la critique
de l’ancestral traité sanskrit de mathématiques et d’astronomie
indiennes l’Aryabhatiya, et décortiqua les compositions de
Varahamihira pour en réviser les irrégularités.
Il est évident, qu’il administra le fabuleux observatoire sidéral
D’Ujjain, puis écrivit deux ouvrages, le Brahmasphutasiddhanta
vers six-cent-vingt-huit, permettant une parfaite limpidité de la
signification du zéro, une excellente clarté des principes de maniement
des nombres positifs et négatifs, d’excellentes formules de calcul
des racines carrées et des procédés de solutions des équations,
et le Khandakhadyaka vers six-cent-soixante-cinq, couvrant
essentiellement des thèmes sur les longitudes des planètes, la
giration diurne, les disparitions lunaires et les éclipses solaires.
À présent, je vais interrompre cette diffuse succession d’illustres
savants, dont les ouvrages ont forgé l’histoire des nombres pour
vous présenter ma nouvelle poésie.
Le périmètre ovale | déterminant le Zéro,
Prologue de l’éternel | pour ce soigneux numéro,
Soleil babylonien, | inconstance du tarot,
Fidélise l’absolu | parfait conquis par ce mot.
Le cliché exemplaire | se décline au cachet Un,
Indicateur de base, | ingrédient peu commun
De la force divine, | pour tout Adam opportun :
Insigne d’autorité, | déraciné d’un falun.
Un trait longitudinal, | écrit sous pie du Deux,
Apanage masculin, | suivi de l’harmonieux
Sigle de demi-sphère : | gonfalon mélodieux
De l’élixir féminin, | concilie les amoureux.
La particularité | de la structure du Trois
Dépend de notre univers, | brûlé par fois d’autrefois
En des nains androgynes | s’attribuant mille octrois,
Des séquelles lunaires, | des fleurons de lys des rois.
Présentons adroitement | le polygone du Quatre,
Carré de souche ferme, | quadrature de théâtre,
Cénotaphe surprenant, | besogne opiniâtre,
Tressant ère pisciforme | et période bleuâtre.
De nature céleste, | main de l’entente, le Cinq
Excelle lors des festins. | Aux bombances, boit et trinque,
Car chaque belle dose, | qui désaltère et requinque,
Consent à la passion | une appétence de scinque.
Représentant l’étoile | de l’esthétique, le Six,
Modèle la compassion, | le soutien à tout prix,
Assiste et réconforte | moineau, bruant, perdrix,
Obligeant et généreux, | s’inspirant de Saint Félix.
De tournure magique, | ésotérique, le Sept,
Glyphe à l’aspect relevé, | un homérique concept,
Vaut un dicton glorieux, | un euphorisant percept,
Avec un dard au-delà | des transversaux de transept.
Clé messagère d’Hermès, | blason christique, le Huit,
Enfante un Phébus levant, | reflète un oiseau de nuit,
Trouble le brin lumineux, | de l’infini qui fuit
Cette considération | entre apaisement et bruit.
Germination fœtale, | saison sans soupir, le Neuf,
Participe pleinement | à l’apparition de l’œuf,
Limoge la gestation | ostracisant son éteuf,
Ressuscite sans affres | un nid solitaire et veuf.
|