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Et par-delà les jours, les siècles et l’espace,
Qui ne paraissent pas décroître ni s’enfuir,
Se dressent les sommets que l’on surnomme « Havir »,
Car leurs pauvres cimes ne sont que carapace…
L’ombre de leurs berceaux abrite des talwegs,
Où émergent les rus dans crachins et des brumes…
Un lieu de grand rêve où nul duvet et plume,
Ne s’y trouve posé et ne s’étale d’* erg *.
Sur les pinacles blancs, en vertical des antres,
Foulant et dominant le terrain enneigé,
Les chamois, en bande, refluent d’un pas léger ;
Car plus haut avalanches ont réparti leur centre !
Dans la sérénité d’atmosphère muette,
En entier s’efface, elle seule surgit,
Complète, grondante, se torsade et mugit
Pour s’arrêter au creux d’une simple cuvette.
Les limons et rochers jonchent le relief,
D’où sourd l’onde ouverte dans la suite boueuse…
Au lit du ruisseau est là, glace noueuse.
Qui saura ce que nul n’a conçu du bief ?
Loin des localités, vers les plaines fleuries,
Torrents tombent des faîtes et saute les rochers,
Et ils boivent à grands traits jusqu’à se chavirer,
Dans l’ivresse du temps, dans les vals et prairies.
Puis gagnant les bornes de l’absolu azur,
Égale à la torche, grandiose et ardente,
Ébrouant ses rais d’or, sur la face présente,
Soleil se baguenaude en ligne des grands murs.
Il enjambe les haies, glisse sur champs de blé,
Alors monte gloire qui remplit l’atmosphère,
Dans un jeu éclatant, il se rit de la terre,
Afin de disparaître en un déclin cerclé !
« Havir », Dessécher, brûler quelque chose en surface sans cuire en dedans.
Erg : en géographie et en géologie, un désert de dunes.
Vendredi 8 mai 2020 Marcel, alias plumedefou
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