poésie 40

 

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Mon arbre

le lundi 18 juillet 2005, à 13:11. Posté par yaya


Ils l'ont tué
Abattu
en vertu
du mot "sécurité".
Chaland qui passe
en roulant sans t'inquiéter
du peuple anéanti
qui pourrit
-dans un coin,mais où?-
Vas ton chemin
et pense à l'écorce
du mort rabougri,
à sa splendeur endormie
pour la vie....
et à ceux qui restent
à panser leur corps meurtri...

Il se tenait sans bouger
ou plutôt sans changer de place
remuant sa carcasse
agitée par le vent,
effleurée de chaleur,
caressée par un peuple d'insectes,
sans un mot
sans un cri,
mais chantant dans le vent à l'envi.
Je l'avais pris en amitié
à force de garder
en moi des traces de blessures,
comme lui.
Et une chose est sûre:
sa présence m'apaisait,
je le savais penché là-bas
loin de moi.
Un fil invisible nous liait,
attache vivante avec le passé...
Ce fil est tranché
comme le tronc de mon ami d'infortune...

En cette nuit sans lune,
je pense à lui tristement.

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