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Intimité.
…..Soir de Mai. Soir de Pluie. Les Gouttes de l’Ouest
tambourinent à la Vitre. L’Air a fraîchi. Je frissonne.
Mes Mains sentent le Froid, l’Humidité. Je ferme
les Volets. Je limite mon Espace et mon Lieu pour
m’installer dans l’Alcôve de mes Rêves, la Chambre
des Songeries, l’Enceinte de mes Livres.
Je vais descendre au Caveau de ma Nuit solitaire,
éclairé de la Lampe immobile dont le Halo se perd
peu à peu dans l’Obscurité de la Pièce…
Je songerai çà et là aux Ombres des Défunts, à des
Amours perdus à cause de l’Impatience et des
Inimitiés, à l’Inconnu qui nous entoure, aux
Existences sans Raison, à leur Brièveté,
s’éloignant d’elles-mêmes sans cesse. Je
m’essaierai encore au Renoncement à
l’Impérissable, au Salut impossible, à
l’Acquiescement de ce Monde, à la Vérité de
l’Errance.
Assis à ma Table ancienne, j’écrirai patiemment
les Mots du Révolu, l’Eternité tragique du Change,
la Venue imprévisible de ce qui vient, l’Angoisse
du Dehors et du Dedans. Je noterai sur des Carnets secrets
les Détails infimes, les Distinctions, les Singularités de la grande
Nature dans la Saison, la Lumière caressante et les Ténèbres
qu’elle abrite.
J’aurai des Pensées éparses autour des Vivants et des Morts
et j’attendrai avec Bonheur le profond Berceau du Lit et
l’autre Monde qu’est le Sommeil…..
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