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Le romarin et les œillets

le vendredi 19 juin 2020, à 04:39. Posté par danielbarrois




    C’est au carrefour du Romarin
    Des gueules-de-loup et des oeillets,
    En dix neuf cent soixante et un,
    A quinze ans, que je t’ai croisée.

    Après les jardins ouvriers,
    On déboulait droit sur l’avenue.
    C’était midi. Le ciel riait.
    Et je suis sûr de t’avoir vue.

    On faisait du grec, du latin...
    Tout ce que nos parents voulaient.
    Même si ça na servi à rien,
    Ca faisait bien dans le quartier.

    Avec son oncle ambassadeur
    Et ses p’tites entrées chez Malraux,
    Fredo comptait pas pour du beurre.
    D’ailleurs c’était lui le plus gros.

    Moi je parlais de ma guitare
    Et je frimais comme un artiste.
    Derrière marchait Michel Delebarre,
    Celui qui a fini Ministre.

    Tout ça pour te dire qu’à cette heure,
    A ce carrefour, en ces temps là,
    Les mômes se voyaient pas chômeurs.
    Salazar, on connaissait pas.
    Les révolutions étaient faites
    Et nous, on avait tout compris!

    Pourtant quand j’ai tourné la tête
    Au coup de klaxon du mongy,
    J’ai vu ton reflet dans la glace.
    C’était bien toi.. Fleur au fusil,
    Tâches de rousseur et Pataugas..

    Et moi, l’idiot, un peu groggy,
    Les dents scotchées sur mon chewin-gum,
    J’ai pressenti l’amour d’un homme
    Et j’ai couru vers la vraie vie

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
henridurtal le samedi 20 juin 2020, à 22:44
Très intéressante évocation.J'ai bien aimé.

José le dimanche 21 juin 2020, à 09:00

Quand une histoire croise l'Histoire.

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