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Vietnam
Ma jungle luxuriante aux plantes odorantes,
Sous les rayons de pluie chantait l’hymne de vie,
Quand soudain flétrissant les fougères géantes,
Un déluge de feu brusquement s'abattit.
Le soleil s’éveillait au bord d’un matin calme,
La brume se levait sous sa tiède caresse.
C’est alors que brilla la bombe de napalm
Enflammant mon jardin et le taillant en pièces.
Une neige de suie à l'averse mêlée
Souilla de boue cendrée mon paradis perdu.
De la nuit dans les yeux, les ailes engluées,
Je pleurais l’agonie d’un rêve révolu.
Ils surgirent bientôt, tournant sans se lasser,
Martelant le vent lourd d’un tempo mécanique.
Les rotors déchirant en lambeaux les fumées,
Ornèrent les nuées d’ombres fantomatiques.
Depuis, leur carrousel peuple mon univers
Du levant au couchant, du crépuscule à l’aube.
Valsent en mon esprit de grands hélicoptères.
Valsent sans rémission... Ma raison se dérobe.
Valsent sans rémission les corbeaux de métal
Dont le ballet ardent m'incendie le sommeil.
Le vacarme rythmant la ronde de leurs pales
Couvre la voix ténue du sage qui conseille.
Valsent sans rémission les hélices immenses,
Les turbines d'acier qui hurlent en cadence,
Entraînant mes pensées dans l'épuisante danse
Des questions sans réponse entravant l'existence.
B.
(avril 2005 – révisé en 2006)

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