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Christian Fletcher revisité (1754-1793)

le jeudi 02 juillet 2020, à 10:59. Posté par Michel Ernest


    Les héros de cette aventure
    De nationalité anglaise
    Vont me compliquer l'écriture
    Dans cette langue où je n'ai d'aise

    Aussi, pour éviter les fautes
    Dont les lettrés se moqueraient
    Et plutôt que je ne les saute
    D'emblée je les franciserai

    Quant à monsieur Fletcher, lui-même
    Et son sévère commandant
    Selon leur prénom de baptême
    J'écrirai "William" ou "Christian"

    Fils de Charles Fletcher et d'Ann
    Cinquième enfant de la fratrie
    Christian [ne dites pas "Christiane"]
    À "Eaglesfied", vient à la vie

    Dans ce lieu, tout près de l'Écosse
    On ne joue pas de cornemuse
    On est marin de père en gosse
    Pas pêcheur, car trop de méduses

    Le père disparaît en mer
    Quand Christian fête ses quatre ans
    Laissant le clan qui désespère
    Avec en prime un autre enfant

    La famille criblée de dettes
    S'exile sur l'île de Man
    Et à six ans, peut-être sept
    Christian rejoint le continent

    Au collège de "Cockermouth"
    Il a des pensées vagabondes
    Car le gamin veut être mousse
    Pour voguer jusqu'au bout du monde

    En tant que garçon de cabine
    Il rejoint la "Royal Navy"
    Et sur une frégate has been
    Il entame son autre vie

    Un sous-lieutenant du navire
    Natif du nord des Cornouailles
    Le croise souvent sans sourire
    Il s'appelle sir "William Bligh"

    Chacun de son côté voyage
    Et prend du galon lentement
    William est maître d'équipage
    Quand Christian est simple aspirant

    C'est dans la marine marchande
    Que tous deux vont se retrouver
    Dans une course vers l'Islande
    Pour ne plus jamais se quitter

    Ensuite, vers la Jamaïque
    Bligh, l'enrôle comme second
    Un poste dont Christian s'acquitte
    Avec zèle et abnégation

    En mil sept cent quatre-vingt-sept
    D'un trois-mâts, Bligh est commandant
    Aussi son dévolu, il jette
    Sur Christian et ses vingt-trois ans

    Bligh l'engage comme "Cipal"
    Sur son navire "Le Bounty"
    Et vers les Indes, met les voiles
    Avec escale à Tahiti

    Après un voyage tranquille
    De près d'une année sur les flots
    "Le Bounty" accoste dans l'île
    Et libère ses matelots

    Pendant cinq mois, ils gobichonnent
    Nouant des liens d'amitié
    Avec les gentils autochtones
    Surtout avec les vahinés

    Ces attitudes libertines
    Entraînent la répréhension
    De Bligh, âpre à la discipline
    Qui punit aussi son second

    Le quatre avril quatre-vingt-neuf
    "Le Bounty" et tous ses marins
    Lève l'ancre, plein comme un œuf
    De plantation d'arbres à pain

    À plus de mille kilomètres
    De leur édénique lagon
    Les marins et leur quartier-maître
    Se réunissent sur le pont

    Car, lassés de la dictature
    Du commandant à leur égard
    Ils commettent la forfaiture
    Qui va marquer la grande Histoire

    Ils jettent dans une chaloupe
    Bligh et dix-huit de ses amis
    Puis, attrapant le vent en poupe
    "Le Bounty" file à Tahiti

    En vue de l'île derechef
    Les Tahitiens sont si contents
    Que le grand indigène en chef
    Marie sa fille avec Christian

    Tandis qu'on se révolte en France
    Tandis que Bligh souque et chaloupe
    À Papeete on chante et on danse
    Le tamouré en "hula-hoop"

    Puis les relations dégénèrent
    Christian et ses amis s'échappent
    Quittent l'île au cœur de l'hiver
    Et vers l'orient mettent le cap

    Sur l'île "Pitcairn", ils se posent
    Incendient leur bon vieux trois-mâts
    Alors qu'au pays de la Rose
    Bligh accoste et se plaint au roi

    Durant ce temps Christian est père
    D'un garçon et d'une fillette
    Quand surgissant de l'Angleterre
    Un bateau s'amarre à Papeete

    C'est un vaisseau de la police
    Qui vient rechercher les mutins
    Pour les remettre à la justice
    Mais Christian est déjà bien loin

    En mil sept cent quatre-vingt-douze
    Les mutins sont exécutés
    Plus tard, Christian et son épouse
    Sur l'île se font massacrer.

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