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Ils ont jeté jusqu’aux étoiles
Les rires de l’adolescente
La mariée et sa cathédrale
Les aubes douces de l’amante
ils ont jeté la certitude
La maison chaude des soirées
Déjà un peu nos habitudes
Déjà un peu notre passé
Tes yeux
Ils se sont retrouvés tout vides
Tout seuls au milieu de la nuit
A se sentir pousser des rides
A se croire à jamais ternis..
Alors se sont mis à pleurer
Avec de gros sanglots enfants
Si bien imités si touchant
Qu’une brave main malhabile
Une main farouche et docile
Une main d’amoureux je crois
Tendrement s’est posé sur toi
Ils ont répété en coulisses
La générale du printemps
Un peu boudeuse un peu actrice
Tu m’as fait le coup si souvent
Puis ils ont bougé leur paupières
Comme le rideau damassé
Moi qui connaît les bonnes manières
J’ai attendu sans me moquer
Tes yeux
Ils se sont ouverts doucement
Se sont approchés étourdis
Dans mon regard ont pris le temps
De quémander un peu d’oubli
Et puis se sont mise à chanter
Avec de grands rires d’enfants
Qui carillonnaient si gaiment
Que deux bras soudain Indomptables
Deux bras ivres mais responsables
Deux bras qui est en tremblent encore
Se sont refermés sur ton corps
Ha!.. voilà que tu te rappelles
Tu vois nous n’avons pas changé
C’est encore la même querelle
C’est toujours le même baiser
Bien sûr je sais tu vas me dire
Qu’aujourd’hui tout est différent
Que je ne peux plus être pire
Mais tu l’as déjà dit souvent
Tes yeux
Au fond ils sont comme les miens
Avec leur fierté irritante
Et cet amour qui l’ai repeint
Tout à coup d’une joie brûlante
Une joie qui vient m’enlacer
Avec des mots de rien du tout
Des mots qui courent sur ma joue
Mais des mots qui ingénument
Me réclament temps de serments
Que pour ne pas les écouter
Je les enferme en un baiser
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