cristalle le mercredi 08 juillet 2020, à 13:18 Bonjour René
Votre poème est tres émouvant et me touche particulièrement,la psychiatrie est un monde méconnu ,fermé, encore tabou avec des pathologies très diverses dont on ne guérit pas et souvent cataloguees dans le langage courant,je vous livre un de mes poemes( un peu long) que j'avais écrit sur une patiente "boderline "pathologie que je connais plus particulièrement (l"es états limites "que même les psychiatres ont du mal à appréhender,où les médicaments ont peu d effets , la souffrance énorme et le parcours difficile pendant toute une vie,merci pour le partage,la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine et les traitements parfois indignesl:a camisole et l'enfermement ou la camisole chimique,il n'est pas surprenant que leur espérance de vie soit bien inferieure à la normale et que le taux de suicide soit élevé
Je vous souhaite une agréable journée
Amitiés poétiques.
Martine
Mots doux,mots d' où.?
Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi
Parcours d'une borderline
le vendredi 12 juillet 2019, à 17:06. Posté par Martine
Même invisible
une étiquette
Colle à sa peau
Depuis longtemps
Depuis trente ans
Indélébile
Etat limite
Névrose d'angoisse
Cyclothymique
Phobie sociale
Abandonnique
Ou dépressive
Que sais-je encore....
Elle est lucide
Vit dans l'effroi
Se sent nuisible
Tant de questions
De non réponses
Des mots valises
Ou "c est comme ça "!!!
Vous n'avez qu'à....!!!
Et vivre avec?
Méthode Coue
Elle n en peux plus....
Fauteuil roulant
Là dans sa tête. .....
Des injonctions:
Occupez-vous!
Remplir le temps.....
La cinquantaine
C est la retraite?
Pas tout à fait....
Elle est trop jeune
Etre invalide
Ça change tout.....
Un imprévu
Indigerable
Carrière tronquée
Pas de cadeau
Pas d arrosage
Pas de discours
Départ en douce
Fut appréciée
Et motivée
Vingt-cinq années
Elle s'en alla
Sans au-revoir
Vite oubliée
Ca ne se dit pas
Ce mal maudit....
Fatalité?
Pas de hasard....
Elle n y croit pas....
Relaxez-vous!
Reposez-vous!
Pensez à rien!
Travaillez...travailler...
Bien sûre , sur vous!
Avec recul!
Vivez l instant!
Dans la douleur?
Quand elle surgit
Sans prévenir?
Avec l angoisse?
Lorsqu'elle vous plombe
Et vous assaye
Et lâcher prise!!!!
Commnt fait-on?
L'immense vide
Vient l'envahir
A quoi peut-elle se raccrocher
Quand on lui dit de tout lâcher?
Elle tombe...tombe.....
Mais elle devine
Que son cerveau
inadapté
Aux circonstances
Un peu perdu
Perd ses reperts
Pas en vacances
Ne comprend plus
Ce "trop de temps"
N'est plus "normal"
Elle doit chercher
Sans aucune pistes
Sans aucune aide
À "être utile"
Alors pour qui?
Et puis dans quoi?
Quel objectif?
Frapper toute seule
A quelques portes
Puis essayer
Mais sans savoir
Ce qu'elle souhaiterait
Qui rencontrer?
Mais avant tout
Ne pas sombrer....
Encore plus bas .....
Et son enfant
Qui la voit ,là
Anormalement....
Il en pense quoi?
A compris quoi?
Pas de questions....
Il n'en parle pas
A ses copains
Car leurs mamans
Sont au travail
Elles se dépêchent
Sont débordées
Elle ....ne sais plus
Ce qu'elle fait là
Ce qu'il faut dire
Ou plutôt taire
Son assurance
Elle l 'a perdue
Comme sa confiance
A disparu...
Mais pas de questions
Tout le monde s'en moque
De ses journées
A la maison
Comme sa mère?
Ça elle refuse...
A part son fils
Qui rentre le soir
Maison,cuisine
Devoirs,jardin
C'est quoi sa vie?
Toujours lucide....
Sans divaguer
Son cerveau pense
Sans arrêts...
Des thérapies
Pendant trente ans
Elle a cherché
Et tout tenté
Allopapathie
Neuroleptiques
Anxiolitiques
Les psychotropes
Les somniferes
Les perfusions:
Bien symboliques
Lui a--ton dit
Longtemps apres
Un bon moyen
Pour la soigner
Par le toucher
Avec les doigts
Palper ses veines
Et puis poser
Là sur sa peau
Un pansement
Avec chaleur.....
Électrochocs
Le même signal
Une piqûre
Pour s'endormir
Enfin en paix
Sur un brancard
Comme un malade
Mais bien "normal"
Que l'on endore
En chirurgie
Bien entouré....
L'anesthésiste
Le médecin
A ses côtés
Qui gère le choc
Les convulsions
Cette patiente
Qui se repose
Elle ne sent rien
Réveil facile
Presqu'apaisee
Ce qu elle voulait
Etre touchee
Une main qui stoppe
Tous les tourments
De son cerveau
Il y eu l'inverse
"La démodée
Psychanalyse"....
Tant critiquée
Elle parle seule
Elle analyse
N'est qu'un cerveau....
Les oubliées:
Ici en vrac
Les thérapies
Cognitivistes
Dans l air du temps....
Sophrologie
Méditation
Transcendantale
EMDR
Médicaments
Longtemps prescrits
Par des médecins
Et d un seul coup
Rayés de la carte
Des prescripteurs....
Car soupçonnés
D'avoir servi
A des drogués
La conséquence
Les insomnies
Pour le patient....
Elle n'est pas seule
Disent les médecins
Est-elle coupable?
D'acceptation
Des ordonnances
Qui furent prescrites
Pendant dix ans?
Elle a subi.....
A fait confiance....
Longtemps....longtemps....
De la patience
Beaucoup...beaucoup.....
Et les sevrages
Obligatoires
Ou conseillés
C est par envie
Que "les patients"
Prenant "ces drogues"
Autorisées
Devinrent coupables
Et même cobayes
D'essais nouveaux:
Effets de mode.....
Changement d'époque....
Alors elle doute.....
Culpabilise
Est ballottée
Par la medecine....
Elle ne sait plus
Ce qu'elle était.....
Ni ce qu'elle est....
Elle perd confiance
Devient méfiante
En décalage
Face aux discours
A fleur de peau.....
Hypersensible
Une apparence.....
Souvent trompeuse
Dans ses silences
Mêmes quand parle
Une partie d'elle
Est isolée
Un peu absente
A peur des autres
Des jugements:
Ceux qu'elle ressent
Meme s il n y a qu'elle....
Est effrayée
Par ses colères
Parfois violentes
Là dans ses tripes.....
Et trop sensible
Aux injustices.....
Accumulées
Qu'on laisse passer
Sans dire un mot
Prendre parti
Et le déni .....
Et les non-dits.....
Elle ,parle trop...
Pour défendre
Trop d'empathie
Qui transparait
Elle entend trop
De confidences
L'obeissance....
La loi du pere
Peur des reproches
Même anodins....
Epuisement
De repeter.....
Parce qu on l'oblige
Est-ce "la folie"
Qui l envahit?
Répétition....:
Déjà enfant
Ses deux parents
Qui s'etripaient
Criaient des mots
Vulgaires violents
Une spirale
De violence
Et spectatrice
Figée d' effroi
Cerveau violé
Manipulé....
Et asservi
L autorité
Du patriarche
Ses injonctions
Si insidieuses
Elle se taisait....
De temps en temps
Son corps parlait
Ses nerfs craquaient
Souvent la nuit
Là dans son ventre
Les émotions
Bien enfouies
Elle appelait
La mère a peur
Le père s énerve
Et le sauveur
C'est le medecin
Mais on voulait
En la rendant
Encore coupable
La faire partir
Dans une maison
Dite"de repos"
Elle se sentis
Abandonnée
Et sans nouvelles
Qui réveilla
Une autre histoire
Bien plus ancienne
Lorsque sa mère
A l hôpital
Dût la laisser
Dans d'autres bras
Peu chaleureux
À moins d un an
Mais ce n est rien.....
Est-elle la seule
"Écorchée vive"?
La psychiatrie
Regorge d'humains
Traumatisés
Cellules ou chambres
Peintes de fardeaux
Couvrant les murs
Jamais visibles
De ces "asiles"
Ce nom est tu
Il est tabou
"Clinique psy"
Pour " burn-out"
Pour trois semaines
Ça passe mieux
Surtout pas dire
Qu'on est venu
Tous les deux ans
Ou plusieurs mois
C'est l 'escalade
Vers le sommet
De "la folie"
La double peine.....
L'intolérance.....
Rien n'a changé....
Ont-ils un corps
Qu'on peut toucher
Ces drôles d'humains
Car leur blessure
N'est pas visible?
L épuisement
Pas d autres mots....
Le corps qui parle
De plus en plus....
Et la colère
D'abord sourde
Que l'on avoue
Puis que l'on tait
Devient physique...
Là dans sa chair....
Le fatalisme
Des médecins...
Science non parfaite
Une empathie
Semble exister
Mais quelle puissance
Et quel pouvoir
Face aux patients
Ces ignorants....
Le manque d argent
Et les lobbys....
La psychiatrie
Le parent pauvre
De la médecine... .
Pourquoi se battre?
Et contre quoi?
Et avec qui ?
Et puis pour Elle
Rien ne fût dit
Que du déni
Dans son histoire
Le père est mort
Et sans remords
Sans aucun mots
Même affectif
Pour son enfant.
Sa mère perdue
En gériatrie
Trop violentée
Et cette femme
"Psychiatrisee"
Elle ne fut rien
Qu'un ustensile
N'a plus de racine
En décalage
Dans ses secrets
Est de nulle part
Soixante cinq ans
Sa voix s'éteint
Son corps vieillit
De l'interieur
Rien ne se voit
De l'exterieur
Sa faible voix
Passe souvent
Inaperçue
Elle s est trompée
Car c'est contre elle
Qu'elle a lutté
N'a pu s'aimer....
La résilience?
De Cyrulnick
Elle n'a pas su....
N'a pas compris....
Pas courageuse?
Libre à chacun
De l avouer
A fleur de peau...
Elle est à vif....
Ne sait écrire
Que des poèmes
Des nouvelles
Parfois même gais
Est-elle-coupable?
Petite poussière
Dans l air ambiant
Ici ,ailleurs
Là-bas ,nulle part....
Vous avez dû
Un jour croiser
Sans le savoir
Cette femme mystère.....
Dans cet espace
Une seule lumiere
Brille dans son cœur
Et c'est son fils
Elle ne veut pas
Être un poids lourd
Il faut qu il vive
Pour lui, son couple
Elle ne veux pas
Que sa belle-fille
Ait une belle-mère
"psychiatrisee".....
Elle n'a plus de corps
Juste un cerveau
Que l 'on épuise
A petits feux
Par des questions
Et des paroles
Ou des cachets
Sa peau est morte
Pas de contacts...
Elle voudrait juste
S'en aller loin
Tout doucement
Ne plus souffrir
Ni faire souffrir
Ceux qui l entourent
Elle voudrait être
Un chat malade
Qui disparait
Tres dignement
Sans qu on le voit
Et sans rien dire
Même pas miauler
A-til souffert?
En s endormant
Il est en paix
Peut-être pas loin......
On ne l oublie pas
Il est vivant....
Notre mémoire
Dans sa maison.....
Son cimetière
Sur le fauteuil
Est son coussin
Ce n est pas triste .....
On se souvient
De sa beauté
Pelage noir
De sa quietude
Corps alangui
De sa chaleur
Boule de poils
De sa douceur
Ses coussinets
Il s'étirait....
Il ronronnait.....
Et même calmait
Ses longues souffrances
Par sa présence
Là sans paroles
Et sans questions....
La légèreté ....
Juste une image....
Une photo
Une impression....
Le souvenir.....
Qui doit rester
C est celui-là.....
commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)rivaudais le samedi 13 juillet 2019, à 00:06
Un poème qui devrait être lu, voire appris par tous les soignants en psychiatrie.Et je sais de quoi je parle, ayant fait une partie de ma carrière dans ce milieu très spécial. Un texte bouleversant et réaliste ô combien.
liameliavq le lundi 22 juillet 2019, à 05:52
Le terme qu'a employé René est tout à fait approprié : BOULEVERSANT et Ô combien réaliste dans la description du chemin chaotique de "folie" qu'ont du parcourir maints patients atteints du même mal...
De quoi devenir fou en effet, c'est dramatique et tragique. La science a quelque peu évolué mais c'est loin d'être la panacée...
Je te tire mon chapeau pour cet écrit de courage.
Bien amicalement.
LN.
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commentaire
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capucine812 le mercredi 08 juillet 2020, à 21:49 Bonsoir René
Très touchant et très émouvant votre poème ainsi que ce que décrit Martine dans son commentaire ça fait froid dans le dos
Amitiés poétiques
Maryse |
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domidom le jeudi 09 juillet 2020, à 11:58 Bonjour René...
Un texte profond et bien écrit, il faut avoir travaillé dans ce milieu pour comprendre...
J'ai travaillé onze mois dans l'enfer de la psychiatrie, ce que j'ai lu est bouleversant de vérité...
J'ai dénoncé des sévices terrifiants affligés aux malades par certains infirmiers, alors, on m'a changé de services, un service que je n'ai pu supporté, alors, j'ai démissionné...
J'ai perdu mon emploie, avec la satisfaction d'avoir envoyé ces monstres aux tapis vert....
J'avais vingt huit ans....
Horribles souvenirs à jamais gravés dans ma mémoire...
Bonne journée à vous...
Amicalement, Domie |
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helianthus le jeudi 09 juillet 2020, à 20:42 C'est jolie. Mais la pitié pour un détraqué est aussi dangereuse que lame est éguisée. |
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