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Le Grand Repos.
Partialité, Morcellement du Moi, Totalité impraticable, Profondeurs illimitées de l’Inconscient en Eaux troubles ou noires, une introuvable Transparence, Paroles incertaines, hémorragiques, Couleur de Terre, Couleur de Sang, Toute Vie contingente, hasardeuse, risquée, brèves Lampes flottant sur l’Océan du Rien, Veilleuses de la Mort, s’allumant, s’éteignant tour à tour selon la Loi et le Clignotement de l’Être sans Cause ni Raison…
Nous sommes appartenus ! Etau des Forces de la Loi dont Nul n’échappe, faillible et enserré, Clignotement de l’Être, Apparition, Disparition. Engeance inexorable de la Chair archaïque et passible, Mouvance et Tremblement à Décomposition, à Mort dans la Surpuissance du Double, l’Amas des Multiplicités grouillantes et guerrières cherchant Territoire et Ancêtres, Drapeau, Emblèmes pour une Identité toujours fuyante...Nous sommes Foules et Solitudes…
Que d’Efforts, de Fatigues, de vaines Tentatives pour unifier ce Tourbillon du Moi, cet Essaim bourdonnant de Tendances en tous Sens, cette Dislocation première dont les Failles demeurent à jamais. Pluralité de petits Mondes intérieurs offerts aux Sens et aux Circonvolutions cérébrales toujours en Singularités. Inextricable Herbier de Conjectures, d’Imageries, de Sensations confuses, Attentes sans Objet, Possession, Voracité et Répulsions, le Plaisir et l’Abject mêlés aux Labyrinthes des Désirs, Polychromie sur Fond d’Obscurité, Danses extasiées d’Eros et Thanatos au Son sauvage des Syrinx, aux Cris des Faunes et des Nymphes ! Non, le grand Pan n’est pas mort en Nous et mène Sarabandes !
Ainsi tournoie en s’approfondissant, la Négativité dans le Moi et le Soi et le Monde que nul Courage ne surmonte, nul Système et nulle Volonté, mais que côtoient énigmatiquement des Percées de Possible, des Ruches de Symboles, des Paysages apolliniens, parfois, et la Lumière des Oeuvres d’Art qui laissent deviner et présager un autre Monde dans le Monde ! Ainsi se creuse et œuvre la Loi du Négatif aux Profondeurs du Corps, du Sens et du Dicible, Spirales extrêmes enchevêtrées, l’Ennuagement du Coeur et sa Limpidité de Bleu, les Zones incertaines du Savoir trouant la Vérité, les Misères de la Chair cachant d’authentiques Plaisirs éphémères ! Ainsi tournent et sombrent nos Vies en inlassable Clair-Obscur !
J’aspire au grand Repos, au Non-Agir suprême, à la Trêve éternelle des Actes, à la Suspension des Pensées lourdes d’Erreurs et de Malentendus, d’Inimitié. J’aspire à la Torpeur suave du Renoncer aux Jugements des Morales oppressives, j’aspire à l’Equité tranquille des Vies sans Mal, loin des Groupes hostiles en Mal d’Identité et de Frontières et de Vengeance, j’aspire à la Sérénité et au Recueillement au Sein de la Douceur paisible des Collines quand la Lumière du Soir se penche vers sa Nuit et que je songe au Sommeil éternel, à la Béatitude et l’Immortalité d’Endymion, le Bienheureux et l’Enchanté...J’aspire au grand Repos…
Nous naviguons ainsi, incertains, dispersés, parmi les Eaux épaisses de l’Angoisse, vers les Confins brumeux de l’Essentiel que nous ne connaîtrons jamais si ce n’est entrevu aux Portes de l’Imaginaire, Eternité, Cime, Pays, Visage, Appel, Devoir, Espérance, Prière, Rivages de Certitude, Consentement, Révolte, dans le Chenal d’Ambiguïté entre Possible et Impossible, nos Vies brèves, inachevées, houleuses…J’aspire au grand Repos !...
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