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A tous ces artistes;
De ceux qui suivent leurs filons,
tels des félins, félons en pistes;
A ceux qui pistent le destin,
tels des chasseurs, semant le bistre.
Ils prennent en joue la fausse note
faucille de leur verts prés,
afin que personne ne note,
l'étendue de leurs aridité.
Toujours verts d'artifices,
pour que viennent butiner,
les apocrites de demains,
qui gonfleront leurs poches percées.
L'air vrai et unique, sur un piédestal,
aux yeux de tous, ils ont gravi vites,leur ascension morale.
Par petits pas, ils se sont élevés,
Des masses terreuses, pieds et poings liés.
Afin de chanter au monde, la réussite de tout un possible,
Et répandre la joie fausse, d'un bonheur irascible.
Leurs papiers roses bavent de grandiloquences.
Tout, d'étalage, ils se moquent avec abondance.
Leurs phares diurnes ne sont que courtes chandelles,
quant à la lumière du soir, ils ploient des ailes.
Sur les rivages inconnues à leurs bonheurs,
jettent l'ancre d'ivresse, les navigants sans heures.
Dégrisés du jour hypocrite,
ils reposent leur proue entre deux criques.
L'amour en dieu, sur leurs toiles gorgées de pieux pigments,
emplie le cadre de bas en haut, d'une surenchère de sentiments;
Et aux assauts du pinceau, à l'appétit insatiable,
l'amour ne subsiste qu'en apprêt, à des couleurs fades et criardes.
Leurs beaux arts se parent d'uniformes.
Couverts de bien-pensance, sous des hauts de forme;
Et le séant, apostrophé,
à la faveur d'un sofa capitonné,
ils tirent des rimes bagarres, en chassé-croisé.
Ils cuisinent l'harmonie, le piano préchauffé,
Ou la note se déverse, par fournées bien rythmées,
Sur papiers musiques, au badigeon sulfuré.
Ainsi se montent les pièces, comme la moutarde au nez,
prêtes à emporter, faciles à digérer.
Le silence en embuscade,
Qu'il les encercle,
qu'il les tenaille,
bien fermement,
toutes ces canailles.
Je leur en ferais voir d'autres couleurs,
Et même sans pareil, milles splendeurs.
Il y aura de quoi enflammer tout un ciel,
de toute une voute, irisée, acerbe.
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