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Je vidais
Le trop plein
Du grand vide
De ma vie....
Cette chose
Rétrécie
Aliénée
Pseudo-vie
Attachée
Au vital
Qui vacille
Et m'affole
Si conforme
Sans écarts
Ni mystère
Le comblant
De questions
M'enivrant
De savoirs
Infinis....
D'émotions
In-ouïes....
Je cherchais
Passionnée
Cette envie
De mieux vivre...
Sans destin
Tout tracé
Ni pensées
Enlisées ...
Pour enfin
M'élever
Donner sens
Révéler
Soulever
La Vraie Vie
Re-couverte
De non-vie
Résister
A la prose
Figée
Voyager
A travers
La Beauté
La Poésie
Fugitive.....
Frémissante....
Délivrer
Suggérer
Dans l'absence
La présence
Immédiate
Et vibrante
De la Vie.....
La livrer
En cadeau
Au curieux
Dans l'attente....
Étonné
Délivré
Par la Vie
Dé-couverte
Qui jaillit
Et déborde
Du profond
De l'Intime.....
Car la Vie
Si Vivante
Et sensible
Ne peut être
Aimée
Que dans l'Autre
Poeme inspiré du livre"De la Vraie Vie" du philosophe Francois Jullien
Un soupçon s’est insidieusement levé, un matin : que la vie pourrait être tout autre que la vie qu’on vit. Que cette vie qu’on vit n’est plus peut-être qu’une apparence ou un semblant de vie. Que nous sommes peut-être en train de passer, sans même nous en apercevoir, à côté de la « vraie vie ». Car nos vies se résignent par rétractation des possibles. Elles s’enlisent sous l’entassement des jours. Elles s’aliènent sous l’emprise du marché et de la technicisation forcée. Elles se réifient, enfin, ou deviennent « chose », sous tant de recouvrements. Or, qu’est-ce que la « vraie vie » ? La formule, à travers les âges, a vibré comme une invocation suprême. De Platon à Rimbaud, à Proust, à Adorno. La « vraie vie » n’est pas la vie belle, ou la vie bonne, ou la vie heureuse, telle que l’a vantée la sagesse. Elle n’est surtout pas dans les boniments du « Bonheur » et du développement personnel qui font aujourd’hui un commerce de leur pseudo-pensée. La vraie vie ne projette aucun contenu idéal. Ce ne serait toujours qu’une redite du paradis. Elle ne verse pas non plus dans quelque vitalisme auto-célébrant la vie. Mais elle est le refus têtu de la vie perdue ; dans le non à la pseudo-vie. La vraie vie, c’est tenter de résister à la non-vie comme penser est résister à la non-pensée. En quoi elle est bien l’enjeu crucial – mais si souvent délaissé – de la philosophie.
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