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Mon gnomon biologique me signale, par l’intermédiaire de mes
douleurs musculaires et de mes souffrances articulaires, que
mes saisons sont comptées, aussi il est inutile de galvauder
d’inestimables heures à gigoter sur son matelas en espérant
le passage du marchand de sable.
Aussi, afin de conjurer le sort de ces interminables crépuscules,
ponctués par les consonances d’insoutenables insomnies, je
m’astreins à m’extirper de ma couche, afin de ne pas perturber
l’assoupissement de mon aimante dulcinée.
C’est au cours de ces pénibles intervalles, que des abstractions
lancinantes chevauchent et fermentent dans mon bulbe
encéphalique.
Afin de ne pas pervertir les filigranes adducteurs des primitives
inspirations, il convient de les transcrire immédiatement sur
un support papier, avant qu’elles ne s’évadent précipitamment
de la boîte crânienne.
Ces levains substantiels, il faut évidemment les mouvoir à bon
escient, pour recueillir la prééminente sève s’épanchant des
arborescences de la pensée.
Puis, lorsque la prépotence du flux imaginatif s’amenuise,
que le ruisseau fantasmagorique s’étiole, il devient préférable
de réintégrer sa chambre dans le but d’y rêver en toute liberté.
L’anecdote que je vais vous révéler aujourd’hui s’inspire de
l’histoire des classes impécunieuses, de leurs sanguinolentes
rébellions à l’encontre des contingents aristocratiques et
bourgeois, qui les ont pressurés depuis la nuit des temps.
Le poème est constitué de vers comportant treize syllabes,
combinaison d’hexasyllabes et d’heptasyllabes, avec des rimes
dites embrassées, car les consonances masculines et les
terminaisons féminines se succèdent dans l’ordre subséquent :
– a (observateur : masculin) – b (escarmouche : féminin)
– b (bouche : féminin) – a (orateur : masculin)
et puis l’inverse.
En tant que récit narré| par des observateurs
Des vestiges, des ans, | l’originelle˽ escarmouche
Diligemment s’enfuit, | se dépêtre de la bouche
De sculpteurs de pierres, | nitescents orateurs.
Au temps des pharaons, | bâtisseurs de pyramides,
Privés de leurs rations, | intentent des procès
Devant le chef du village, | couronnés de succès,
Gestes paradoxaux | sous époques ramessides.
Dans les constitutions | d’antiques nations,
Dans les gouvernements, | et poussiéreux régimes
Magnats et compagnons, | sans antonymiques mimes
S’unissent en confréries, | et corporations.
Mais, progressivement, | les brèches vers les maîtrises,
Se ferment, et les codes, | plus cruels et cinglants
De l’existence procréent | des remous aveuglants
Troublant éditions | et filatures comprises.
L’écheveau des métiers | s’affirme˽ antérieur,
À l’évolution | des loups superfétatoires
Parsemant rémouleurs, | taillandiers méritoires
Ou divergents arbitres, | de rang supérieur.
Lentement, s’érigent | les spectaculaires forges,
Les fonderies empourprées, | les objets rubiconds,
Qualifiés d’hauts-fourneaux, | les refrains furibonds
D’implacables machines | dilatant de chaudes gorges.
Puis, les loges rassises | promeuvent le contrat
Personnel reposant | sur autonome foucade,
Pour offrir au captif | l’inexorable˽ estocade
L’obligeant à s’échanger, | en loqueteux forçat.
Jouxtant sidérurgies, | bancs et gisements de houille,
Les appareils enragés | de pompeux fabricants,
Happent les prisonniers. | Des sifflets urticants
Les propulsent sans soins | vers un calvaire de rouille.
Durant cette˽ éternité, | bateaux, chemins de fer
Livrent la main – d’œuvre, | la cloisonnent dans des villes,
Favorisant baisses | des paies, diffusant pupilles
Dans un climat inhumain, | aux portes de l’enfer.
Les soufflets des conflits, | entre puissances voisines,
Motivent la Commune˽ | et ses fraternels projets.
Au-delà, les syndicats, | légitimes sujets
S’expriment librement | au mitan de leurs usines.
Très loin des bacchanales, | notre premier mai,
De germe˽ américain, | car date d’une prochaine
Partance pour ailleurs, | est l’alcôve souveraine
Des martyrs et opprimés, | dignes d’un frère lai.
Vaguement achevés, | sur leurs grabats d’ambulance,
Les cortèges fusillés | hantent les défilés.
Les dépouilles mutilées | des hommes tréfilés
Solfient à l’unisson | l’hymne de la tolérance.
Oh ! un subtil charlatan, | patelin de tribord,
S’aventure˽ en tribun, | en prédicateur crédible,
Admonestant l’état, | afin d’atteindre sa cible,
D’obtenir du patronat, | soutien et accord.
Le contraste malsain | de notre aristocratie
De rebondis détenteurs | et seigneurs terriens
Ferraille factions et | flots prolétariens,
Procédant par heurts et | sans diplomatie.
Les doctrines fascistes | n’ont point temporisé
Pour dicter un discours | de véhémente rupture,
Souffler un massacre | de turpitude troncature,
Des soubresauts ouvriers, | qu’ils ont fluidisé.
Les coups de colère | des mutuelles senestres
Accusent les châtiments | d’imposants escadrons,
Brûlant les drapeaux rouges, | condamnant aux chaudrons
Presses libérales, | non-conformistes bourgmestres.
Les factieux ont pétri | un lourd potentiel,
De calleux combattants, | de coteries virulentes,
Aidées par vétérans | pour attaques violentes,
Appuyées par capitaux | du monde˽ industriel.
Pourtant, des clans locaux | se rebellent envers hausses
Des tributs, privations | farouches en produits
D’usages quotidiens, | bannetons éconduits,
Sébiles malingres | raccommodant haut-de-chausses.
Désormais, des potentats, | des pandours, des soldats,
Dans un enclos fini, | d’un éther économique
Noir, engendrent mutins, | secouent la république,
Élucubrent profiteurs | investis de mandats.
Les slogans soutenus | de la magistrale droite,
Exploitent le tumulte | des cris injurieux,
Inféconds pour s’assembler | en ordre sérieux,
Donnant à leurs frissons | une conséquence˽ étroite.
Les vastes difficultés, | de ravitaillement,
Croissent traumatismes, | séditions générales,
Causent affrontements, | et haines bilatérales,
Coupent la société | d’un prompt cisaillement.
La plèbe contrainte | par crises spéculatives,
Cessations d’enseignes, | pénurie de charbon,
Misanthropie bourgeoise | d’un insolent barbon,
Doit endurer croix ou | géhennes cumulatives.
Les poussées réformistes, | contre les gestions
Collectives, visent | à floculer dans l’impasse
Les fédérations | de la miséreuse classe,
Pour capter finalement | les exploitations.
Chutant sur des terrains | munificents en embauches,
Dans l’esprit des campagnes, |les rogues subversifs,
Recrutent des faisceaux mûrs| pour des chocs agressifs,
De rêches sicaires| scrupuleux dans leurs ébauches.
Sans aucunes missions| strictes, capacités,
Autres que passives, | conjugaisons entre sites
De travail, les houles| sociales composites,
S’étranglent par carence| de spontanéités.
Dès que l’apaisement | démantèle les menaces,
Que la grève s’épuise, |du fait d’arrangements,
Que les compromis matent| ces fâcheux mouvements,
Les agents sont punis| de manières pugnaces.
Il sied de s’acquitter,| sans efforts explosifs,
Du prix des différends, | sans profits, ni avantages,
Du coût des brisements,| des fulgurants abattages,
De s’ôter incontinent| des déclins occlusifs.
La révolution | des masses laborieuses,
Dans une contention |d’équitables valeurs,
Doit corriger ses pertes,| oublier ses pâleurs,
Par l’imbrication| d’actions audacieuses.
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