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Quoique je m’arroge cette valétudinaire insuffisance dans le royaume de
la gastronomie, j’envisage qu’il règne une scrupuleuse correspondance
entre la dextérité culinaire et le domaine littéraire.
Dans l’invariable intention d’étançonner décemment ma philosophie, je me
permets de souligner les divergentes molécules, qui s’infiltrent dans la
construction de la divine recette d’un fantastique pot au feu préparé selon
des méthodes dites à l’ancienne.
En effet, les doses et les quantités de l’intégralité de ces substances
extraites des organes contractiles ou des intermédiaires garantissant
la mobilité ou l’endurance à l’encontre des énergies périphériques,
muscles appartenant essentiellement à la catégorie des oiseaux et des
mammifères, constituent de prime abord les linéaments primordiaux de
toute œuvre manuscrite.
Cependant, ce stupéfiant rapprochement ne s’attarde pas à cet unique
facteur de comparaison, car en réalité, les parties adamantines et les
pans infrangiles, formant l’architecture des vertébrés, accommodée
de quintessences malléables, s’apparentent aux réparties humoristiques
ou épigrammatiques du concepteur.
De même, les différents végétaux s’engageant dans le vertigineux
engrenage des croisières à prétention nutritive, ou à vocation comestible,
qu’ils soient catalogués dans un cycle biennal, ou qu’ils disposent
d’interminables limbes de couleur pistache, ou de teinte émeraude,
figurent inévitablement les intolérables expectatives, les esquisses
nébuleuses, dignes d’être refoulées au fond d’une corbeille.
Quant aux légumes à naissance pivotante, ressortant de la caressante
parentèle des ombellifères, ils symbolisent à merveille les silencieuses
délibérations psychiques, qui vous ensevelissent dans l’immense tanière
sépulcrale de la méditation.
Dans cet amphigourique labyrinthe minoen, où soudainement votre
volonté s’estompe, et que brusquement vous vous sentez, abandonné
par la terre entière, solitaire et désemparé face aux ophidiens de la
détresse et de l’épouvante, et qu’armé d’un cacochyme bâtonnet fusible
assiégeant maladroitement un rachitique épi trémulant, vous osez vous
hasarder à gravir l’escalier flexueux et pentu menant à la lumière.
Bien entendu, les crucifères déploient un remarquable agencement de
multiples parcelles, opérant en tant que mainteneurs, et souventes fois,
elles demeurent surabondamment colorées et odoriférantes, en ceignant
les agents reproducteurs.
Par conséquent, leurs resplendissantes corolles, leurs soyeux filets, et
leurs prolifiques anthères équivalent aux fragments énigmatiques, aux
bribes opaques et sibyllines de l’ouvrage, et oscillent par déduction
entre une production transcrite sans authenticité et originalité et un
prodigieux enfantement.
Néanmoins, les turgescences subreptices des solanacées simulent à la
perfection l’amidon fédérateur, qui empèse les tissus des caractères
primaires d’un simple propos, les enchevêtrements épineux et profus
des phalanges de mots, en somme cela peut se résumer à un puzzle
ludique consistant à enrégimenter les annotations séditieuses, subversives
griffonnées à la sauvette, qui se dérobent malicieusement aux quatre
encoignures d’un cahier hirsute
Que dire des minuscules ramifications, baptisées quelquefois de flancs
de pétioles, convenant communément au gentil persil des marais, qu’ils
confèrent à la plupart des textes un esprit lunaire, une inflorescence
inhabituelle, une compréhension autogame à la succulence légèrement
piquante et poivrée, qu’elles métamorphosent la personnalité du sujet,
la magie du verbe, magnifient les vocables qualificatifs et amendent les
dominants substantifs.
Maintenant, il ne faut surtout pas négliger toutes ces denrées participant à
la confection d’un divin panaché, dont l’énumération subséquente devrait
s’avérer correcte et exacte, puisqu’elle embrasse les ingrédients suivants :
un merveilleux couple d’oignons pour obvier à l’anasarque des interprétations
douteuses, quelques débris de cayeu d’une prosaïque rocambole dans le but
de lénifier les dénigrements acerbes.
La description minutieuse du sublime mode de concoction de mon bouillon
n’est pas achevée, car il dépourvu d’un beau et souriant assortiment de plantes
aromatiques, parmi lesquelles les labiées stimulant les idées quiètes
et olympiennes, les lauracées attribuant la grande perpétuité des ramages,
la survivance des poèmes, l’immortalité des romances, les boutons fougueux
des myrtacées, dont les vertus thérapeutiques soulagent lentement les
épulidesdes détracteurs et combattent les infections virales des infamies.
A présent que les orchestrations de cette folle farandole pressent
indubitablementleurs aboutissements, que tous les échantillons épars
de la fulgurante dialectiquese soient agglutinés, que les savantes
locutions des apologues aient été expurgéesde leur surplus pour regagner
leur loquacité, que les ultimes remaniementsaient modifié la texture, que
les significations aient bouleversé l’ordre des mots,je vous convie à ma table.
Certes, les préparatifs sont consommés, aussi je prie de bien vouloir vous
asseoirdevant un buffet champêtre couvert d’une nappe folâtre, de découvrir
l’euphorique soupière, afin d’y puiser à volonté, de gorger vos assiettes jusqu’à
satiété, de nousserrer les coudes en brandissant nos gobelets, tout en buvant
à la santé des étoiles, de la nature, et du firmament, et en prêtant une oreille
précautionneuse et attentive aux sublimes gazouillis des oiseaux.
Dans leurs élévations | et majestés de condors,
Ils supervisent Mayas, | survolent conquistadors,
Loin, au-dessus des Andes, | des cimes capricieuses,
D’escarpements˽ et pitons, | aux lignes vertigineuses.
Leurs pinacles dénudés, | leurs crêtes symptomatiques,
Leurs plumages˽ aux marbrures, | leurs structures métalliques,
Ne peuvent ternir clichés | ou implacables images
De ces belliqueux griffons | et réputés nécrophages.
Aucune mandoline, | nul luth et violoncelle,
Quand voltige, dans l’azur, | l’inlassable crécerelle,
Avec des serres pointues, | un éperon recourbé,
Une moustache˽ ombreuse,| une cluse˽ ayant fourbé.
Dans le laiteux firmament, | sa jaquette fuselée
Oscille, tressaute˽ envers | ondée, vent, grain, et marrée,
Par-delà des bocages | buissonneux, et frustres landes,
A la recherche de proies | pour exaucer ses demandes.
Il n’est point de l’auguste | descendance des busards,
Ne possède nullement | la grandeur des charognards.
Assurément, ce n’est qu’un | anodin petit butor,
Qui se soumet promptement | aux flammes de thermidor.
Fréquemment, il se cache | dans le giron des roseaux,
Pour danser le fandango, | escorté des bécasseaux,
Puis s’en va déambuler | avec agamis trompette,
Et finit par sommeiller | sur une jonchée molette.
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