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Sans contredit, ce satellite illusoire et préoccupant frigorifiait mon anatomie,
et je savais à juste titre, que je n’étais qu’un phlegmon indésirable, non
conforme aux prescriptions conventionnelles, et comme je me sentais de
trop, il était convenu que mon misérable strapontin était devenu un siège
éjectable, en quelque sorte pour les personnes bien pensantes, je n’étais
qu’un macchabée ressuscité et galvanisé, un étrange zombi enfantin et
simplet, un revenant vacillant, dont la subjectivité fantomatique n’avait pas
choisi le bon endroit et la période adéquate pour venir au monde.
En cet hégire impitoyable et barbare chaperonné par le despotisme financier
et budgétaire, l’humanité sauvage et décadente n’est plus qu’un désert
aride et brûlant, corrodé par les infamies et les guerres, où chaque être
opprime et présure son voisin, dans cette cruelle vénerie, et où tous les
arquebusades délictueuses et répréhensibles sont autorisées, voilà pourquoi
je ne pourrais trouver la pleine béatitude dans ce charnier nauséabond.
Dans aucun autre endroit, nulle part ailleurs, je ne pourrais trouver le
repos absolu, car je suis une âme taraudée et scrofuleuse, en quête d’un
idéal inaccessible, d’un songe chimérique, que je n’atteindrais jamais, même
si l’esprit libre culmine et voltige au-dessus des cimes vertigineuses et
perdurables, que la raison compacte ne pourra point surplomber.
Aucun canevas, plan, | ouvrage˽ ou dictionnair¬e
Ne pointe˽ un univers, | plutôt visionnaire
D’un zoo sémillant, pour | les enfants trépidants,
Animé par phénix, | licornes˽ et éléphants.
Jamais, en cet endroit, | le créateur ne migre.
Ce coin est un site | pour escale˽ et relâche,
Où s’accordent zébus, | impala, gnou, et tigre,
S’unissant pour finir | une notable tâche.
Dans ce nid, où vivent, | en paix, les continents,
Prédomine˽ un climat | de parfaite˽ harmonie,
Car en ce lit joyeux | interdit aux serpents,
Papillonne˽ un soupçon, | un grain de symphonie.
Forcément, le lion, | en excellent monarque,
Avec dextérité, | guide˽ et conduit sa barque,
Entend les plaidoyers, | geignements et remarques,
Et dans sa réserve, | quête conseil aux Parques.
En ce point, tous les jours | sont de joyeux dimanches.
Les minutes semblent | se maintenir aux branches
Poudrées des pénates, | réceptacles˽ et cabanes
Enlacés de festons | ivres de badianes.
Sans bruit fusent des tirs | soignés en artifices
Pour fêter des noces | sublimes de délices
Rimées par folklores, | musiques, récitals,
Chants d’exaltation | pour bals et festivals.
Un gai flamant rose | soutenu par rambarde
Lutine flûte˽ à bec | ocarina, guimbarde.
Un pimpant rossignol | magnifie son aubade
Confirmée d’ambroisie, | d’anis et d’orangeade.
Dès qu’émulsion, lait, | gel cosmétique farde
Divine coquine˽ en | mousseline : l’outarde
Fleurit la vitrine. | Quoique son galant tarde,
L’oie du Capitole | cristallise la garde.
Dans leurs polychromes | livrées, les bouquetins,
Experts érudits pour | assurer les festins,
Promeuvent dans l’éther | des torrents de corbeilles
Gonflées de groseilles, | de cerises vermeilles.
Ânes, mustangs, tarpans, | hémiones nomades
S’abreuvent lentement | aux puits de limonades,
Et pour ingurgiter | des substances légères
Grappillent fourrages, | délicates fougères.
De leur amble˽ enjôleuse, | d’agréables girafes
Servent des amphores, | cratères, brocs, carafes.
Cinq renards éméchés, | à foison, goguenards
S’exercent mollement | aux concours de hasards.
De pudibonds oursons | caressent les margelles,
Sous strictes tutelles | nettement maternelles.
En douces grisettes, | de novices gazelles,
Aux regards alanguis, | songent sur balancelles.
Tandis que le secret | caracole˽ et badine,
Dans sirop bouillonnant | et flot de grenadine,
Le chamois, éternel | troubadour en ballade,
Paraît serein, gaillard | pour battre la chamade.
Dans ce parc, où veillent | de joyeuses avelines,
Ornées de soie, parées | d’allègres capelines,
Drapées de tuniques, | de chasubles divines
S’empourprent tel un feu | d’étranges zibelines.
Aussitôt que mon cœur | connaîtra le silence,
J’irais dans cet éden | de la pure˽ innocence,
Et je me cacherais, | sans cri, sous les boisseaux,
Afin de m’assoupir | à côté des oiseaux.
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