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Cette poésie écrite en décasyllabes, puisque la césure découpe chaque ligne
en deux hémistiches composés de cinq syllabes, adopte la forme littéraire de
l’ode, destinée à célébrer la petite ALICE l’un des personnages primordiaux
de Charles Lutwidge Dodgson, dit Lewis.
Les développements des histoires et les descriptions des héroïnes s’adressant
spécialement au monde de l’enfance sont riches en imaginations, en valeurs
symboliques, que sont la grâce, la pureté et l’innocence, en contradiction avec
les conventions établies lors de la période victorienne.
La fillette décrite dans cet écrit s’inspire de faits utopiques narrés par l’esprit
créatif et logique de l’auteur, mais ne respecte pas l’ordre chronologique de
l’aventure, ni les lieux où Alice accomplit ses prouesses.
La réalisation de cette œuvre a mis à mal mon sens de la composition, car
pendant de longues heures, j’étais assis en face d’une page blanche, et j’avais
beau me torturer l’esprit, aucune exaltation ne venait éclairer ma pensée.
Il n’est pire souffrance, que cette excavation expirante, qui vous interdit
la moindre communication avec l’univers de l’écriture, vous avez beau prier et
supplier, cependant Dieu n’est pas toujours à l’écoute, et quand un rayon de
soleil surgit, il ne peut exister une liesse aussi intense, vu que la planète bleue
de l’imaginaire m’aide à tolérer les aléas de l’existence.
Le crépuscule | sourdement propage
L’ombre d’un manteau | tenant capuchon :
Rabat complaisant, | pensé pour alpage,
Ou pour errance | portant balluchon.
Cette cuirasse| trempant l’apparence
Approche étoiles, | nuit en déshérence.
L’ample penaille, | d’insolite coule
Issue d’un tissu | conçu en coton
Grège, pénètre | dans le peloton
De charmes pétris | de cristal en boule.
Sur le dos meurtri, | le grand paquetage,
D’oripeaux semés | à califourchon.
Du bois calomnie | le doux caquetage.
Sur des haillons tors | en tire-bouchon,
Le volumineux faix, | fait d’incohérence,
Tangue et cahote | dans l’indifférence,
Sans nul relâche | pour cette cagoule
Orbiculaire, | qui, tel un toton,
Tourne et pivote, | mimant le proton,
Redoutant l’humain, | esquivant la foule.
Adieu pardon, | fin abrogatoire,
Usé le répit, | plus d’agenouilloir,
Exclu le salut, | plus d’échappatoire,
Pour s’enorgueillir, | ou se prévaloir.
À ce moment-là, | le croquemitaine,
Brésille à terre | ballot et poulaine.
De l’épais fardeau, | s’évade un grimoire,
Sans un repentir, | sans un aurevoir,
Évitant ponton, | et bateau-lavoir,
Surplombant la mer | et bravant l’histoire.
Au cours du circuit : | route transitoire,
Aller sans retour, | astreint au pouvoir,
D’un vent inconstant, | l’œuvre ambulatoire
Tombe en un jardin | d’un vaste manoir.
Un ange, apparu | d’une châtelaine,
Prend le manuscrit, | mis en quarantaine.
Aucun prodrome | sur la trajectoire,
De l’opuscule, | ténébreux savoir,
Dont le silence | tu par l’étouffoir,
Semble partial | plus que vexatoire.
Dans un bourg coquet, | du lointain Cheshire,
Dort, sur les genoux | fins et gracieux
D’une fillette | au délicat sourire,
Un livre crasseux| et tendancieux.
Tout recto ouvert, | pendant la lecture,
Sabre l’image, | gomme l’écriture.
Proche de ses sœurs, | drapant cachemire,
La jeune pousse, | regard soucieux,
Œil suspicieux, | songe à des cieux,
Où la fantaisie | emplit tout délire.
Fuir Daresbury, | pour ne pas maudire,
Ce climat si lourd, | si fastidieux,
Vaincre l’univers | sur un long navire,
Joindre les Indes, | aux divins lieux.
Quitter Lorina, | Édith sans parjure,
Enfin exister, | vivre l’aventure.
Alice gagne, | brisant tirelire,
La ville d’Oxford, | où l’astucieux,
Pont Folly conduit | à l’insidieux,
Ilot, aurore | d’un nouvel empire.
Des buissons à baies, | genre canneberge,
Conférant des brins | d’aimables fraîcheurs,
Frôlent lentement | les bords de la berge,
Léchée par les flots | constellés de fleurs.
Le tendron, scrutant | l’horizon, remarque,
Parmi les bosquets | brumeux, une barque.
La rigue l’attend, | près de l’auberge.
L’héroïne omet, | serment de prêcheur,
Dérobe l’esquif | d’un brave pêcheur,
Goûtant vin, jambon | et pointes d’asperge.
Sur les flux d’Isis, | disposant flamberge,
Au suroît levant, | qui dans sa fureur,
Enflamme l’hydre, | la frêle vierge,
Ferraille avec fort | courage et ardeur.
Sous les coups et heurts | du mouvant monarque,
L’embarcation | grêle, soudain, s’arque.
L’enfant prie, la foi | lui tend un cierge.
Le serpent marin, | saisi de frayeur,
Bat en retraite, | vaincu par la peur,
L’onde trépasse et | le rocher émerge.
La blondinette | limoge ses rames,
À l’embranchement | d’étroits sentiers.
Quelqu’un l’observe, | au sein des calames,
Gravant les robes | des églantiers.
Une figure, | plutôt sympathique,
La guette, l’épie| de façon comique.
Le léporidé | sort des jusquiames,
La tête droite, | le port altier,
Tirant un oignon, | de son boîtier,
Pour se détacher | de ses amalgames.
Le lapin aux yeux | mordorés s’exclame,
En interrogeant | son calendrier,
Que cet effarant | retard le diffame.
Il doit regagner | son atelier.
Le bouquin repart, | d’un bond énergique,
Pour s’hasarder dans | une course épique.
Le sol saupoudré | de laiteux dictame,
Et de vibrisses, | en bon allier,
Guide la poupée | jusqu’au terrier,
Happant l’animal | qu’il mande et réclame.
La petite fée, | lentement, s’avance,
En direction | d’un gouffre géant,
Charmant, possédant | beaucoup d’élégance,
Qui la convoque | tout en s’étirant.
Le vœu soulève | l’excès qu’il aiguise,
Et l’imprudence | mène à la bêtise.
Dans un abime | de grave importance,
L’audacieuse, | d’un saut voltigeant,
Se précipite, | vivement, jugeant,
Sottement l’écueil | de l’inadvertance.
L’interminable | glissade, par chance,
Décline à la fin | d’un couloir béant.
Une flèche bleue | avec arrogance,
Indique l’endroit | d’un seuil accueillant,
Où l’hase vêtue | en digne marquise,
Gouverne un guichet | avec grâce exquise.
La badaude voit | maintes fulgurances,
Ornant parois et | murs avoisinants,
De rayonnages et | feuillets alléchants,
Couverts de sucs et | suprêmes substances.
L’exploratrice | consulte une piste,
Pentue, jonchée de | mil et touraillon,
Escortée par un | rat opportuniste,
Plus diligent que | tout un bataillon.
Le museau pointu | du muridé berce,
Une membrane| de chétive gerce.
Dans une douve, | près d’un chou palmiste,
Gardé par un if, | triste avocaillon,
Plaidant mot perdu, | mais soufflant bâillon,
L’accompagnateur | quitte la touriste.
Le délaissement | guère formaliste,
De l’appui, craque | l’ultime maillon.
Seule, sans secours, | tel un trapéziste,
Sa survie pend au | fil d’un moraillon.
L’émoi affermit | l’effroi qu’il exerce,
L’affolement cloue, | l’angoisse transperce.
La bénignité | paraît attentiste,
Quand l’espoir herse | l’épais cavaillon,
Du doute paré | de son médaillon,
Mais le sort se veut | parfois altruiste.
La bergère, sur | un lit de brindilles,
Choit, sans percevoir | un rapace noir,
Vil percnoptère, | garni de faucilles,
Prêt à fondre du | haut de son perchoir.
Défendue par un | courageux bièvre,
L’offensée gîte, | tout près d’un lièvre.
Devant les palis | taillés en ormille,
Longues oreilles | chante tous les soirs,
Pinceaux alertes | chaloupe à claquoirs.
Pour désopiler, | la pauvre pupille.
Iris flavescents | scrute les aiguilles,
D’un pin, recherchant | l’infâme juchoir,
De l’aigle dément | semant banderilles,
Plus homicides | qu’un simple plantoir.
La terre froissée, | par maux et fièvres,
Ne tolère point | les âmes mièvres.
Dans l’herbe bleutée | reposent chenilles,
Mollement versées | dans de grands dortoirs,
Qui, éclairés par | de vermeils bougeoirs.
Veillent les hôtes | sans nulles bisbilles.
La sentence dit | que souvent le rêve,
Allège la faim, | mène au réconfort,
Dompte l’estomac, | consent une trêve.
Dolente et fourbue, | la muse s’endort.
Son esprit blessé, | brûlante fournaise
Est sevré de lait, | de crème à l’anglaise
Le parfum subtil | du bon pain s’élève,
S’évade au-delà | du haut contrefort
Des cimes, fleure | firmament accort,
Et serein du jour, | qui sans bruit s’achève.
Un oiseau-lyre, | venant de la grève,
Guère dépourvu | de cœur et ressort,
Lors d’une charge | fulgurante et brève,
Soustrait la prise | des mains de la mort.
Le trépas, surpris | par tant de fadaise,
Bout d’une rage | perfide et mauvaise.
Qu’elle soit du poids | d’un citron ou fève,
L’aide se nourrit | à travers apport,
Contribution | ou autre support,
Ainsi que l’amour : | formidable sève.
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