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🌈🌟🌨️.19 - Rondeau au fil de l’eau

le lundi 05 octobre 2020, à 15:14. Posté par FRANCOIS








    Avant de dénuder la peinture rurale de ma nouvelle prosodie, il me paraît

    opportun de vous exposer les extravagantes modalités, qui ont suggéré ce

    modeste et humble rondeau.




    C’est au cours du mois de brumaire, que j’ai essayé de m’occuper l’esprit

    pendant mon éphémère pèlerinage dans un établissement particulier, dont

    la chronologie est liée à un assortiment confus de prescriptions spécifiées

    ou acquiescées par les transcendantes administrations œcuméniques pour

    le fonctionnement énergique des missions ecclésiastiques.




    En vérité, nous siégeons à des années lumières de tous ces préventoriums

    confidentiels, de ces sanatoriums confessionnels, de ces saints hospices

    compatissants accueillant les infirmes nécessiteux, les vieillards disetteux,

    les orphelins besogneux.




    Selon de patents et notoires mémorialistes, il semble que l’éclosion des

    sanctuaires privés est générée par l’embrasement intense de la querelle

    intestine ayant opposé ces précurseurs de la propagation des méthodes

    prophylactiques et des traitements éradiquant la prolifération des virus,

    bactéries et autres microbes à l’obscurantisme des institutions médicales

    du secteur public.





    Suite à l’accréditation des interventions des maisons de santé privées et à

    l’acquittement des soins par les caisses primaires de l’assurance maladie, les

    cliniques ont poussé comme des champignons au cours périodes cossues

    et fastueuses




    Après des bénéfiques décennies, il faut, séance tenante, mettre en place des

    instances de surveillance, et opérer une hiérarchisation de l’ensemble de ces

    pompeuses fondations.




    À l’heure présente les impératifs financiers impliquent concentration et

    association de ces implantations, afin de s’acclimater face aux excessives

    pressions barémiques décrétées par des recommandations économiques.




    Comme je l’ai précisé dans la partie haute de ma rédaction, je suis contraint

    de subir une intervention chirurgicale débonnaire, afin de pallier à des

    problèmes anatomiques bénins, troubles pathologiques anodins des voies

    expulsives survenant fréquemment chez l’homme dès ses cinquante ans.




    Je suis hospitalisé dans une acceptable chambre individuelle de forme

    rectangulaire, aux cloisons de couleur pistache, au sol cuirassé d’un

    revêtement spécial imitant un marbre moucheté, au plafond canari perforé

    par deux sources lumineuses commandées par des interrupteurs alternatifs.




    Discrètement, à une faible amplitude de la porte subalterne, repose, sur la

    paroi dextre de la pièce, un distributeur obligatoire, contenant un fluide

    antiseptique, conseillé pour les éventuels visiteurs, quant au mur senestre

    rasant l’accès secondaire, il est décoré de boutons servant à de multiples

    attributions, dont la principale est de solliciter le personnel soignant au

    moyen d’un avertisseur sonore assisté d’un signal rubescent.




    L’aménagement de l’espace habitable est succinct, mais correct, avec

    présence d’un téléviseur approvisionné par une borne de connexion externe,

    non réfractaire aux paiements par carte bancaire, située à proximité du

    service d’accueil.




    Sous le récepteur d’images sommeille une table recouverte d’une pellicule

    mélaminée thermorésistante de teinte acajou, assignée à réceptionner le

    plateau servi par l’aide-soignante, avec en devanture une chaise rustique,

    attendant courageusement le patient.




    En face du petit écran, préside l’invariable et irréductible élément majeur

    symbolisé par le lit médicalisé, adoubé aux nécessités impérieuses du

    souffreteux.




    Il n’est pas dans ma compétence de définir la totalité des caractéristiques

    allouées à cette alcôve thérapeutique, comme son piètement équipé de

    roulettes favorisant son déplacement, son panneau sédentaire de tête,

    son support de pied, son dispositif autorisant la fluctuation des jambes, avec

    position droite et plicature des genoux, son relève-buste inclinable, son

    châssis ordonnancé généralement en trois tronçons ayant la possibilité

    de manœuvrer habilement les différentes parties les unes par rapport aux

    autres.




    Néanmoins, j’ai toujours eu une passion pour le détail, aussi je n’oublie pas

    de mentionner les appareils complémentaires, tel que l’accessoire de literie

    souvent garni d’un capitonnage, d’un rembourrement de laine ou de mousse

    convenant à la prévention des escarres.




    Parmi les équipements supplémentaires, je consigne la potence à levier

    trigone accrochée au niveau du faîte du tapis, ou le perroquet posé sur pied,

    le produit multi - usage crédible et opérationnel appelé table à manger avec

    plate-forme inclinable entourée d’un contour, sans omettre la barrière de

    sécurité, la protection en filet, la ceinture avec ses diverses applications

    ventrales, pelviennes, dorsales, latérales, le cousin d’abduction de hanches,

    la cale de positionnement, le pied à sérum…




    La fresque de mon îlot de solitude n’est aucunement terminée, puisque

    l’énumération exhaustive n’a pas répertorié l’honorable fauteuil de relaxation

    le meuble de rangement, nanti astucieusement d’un tiroir étroit supérieur,

    d’un compartiment inférieur, scindé en deux portions égales, secrètement

    préservé par un panonceau maniable, objet mobile supportant le téléphone :

    ligne ouverte avec un crédit de consommation facilitant la communication

    avec ses proches, l’armoire avec sa penderie parée de divers cintres à habits,

    la prise à oxygène, les lampes de chevet pour une lecture discrète.




    Quitte à précipiter l’inconvénient d’être accoutré d’un hétéronyme peu

    prestigieux, du fait de cette saison d’oisiveté, je musarde dans le but de

    poursuivre le portrait de cette superficie annexe attenant à ma sphère de

    réclusion.




    Depuis son seuil, cette étendue monotone comprend un porte-serviettes

    austère de tonalité neige de suffisante envergure, cet article jouxte un

    convecteur électrique, près de ce radiateur ascétique, un indispensable

    cabinet d’aisances réservé pour besoins naturels, gratifié d’une chasse d’eau

    point de dernière génération, coiffé d’un vétuste couvercle, mais muni d’un

    siège fort docile.




    À proximité de ce lieu de méditation, je découvre une brindille rudimentaire,

    à stimuler en cas de nécessité absolue ; en continuant la prospection de cet

    endroit monocorde, j’aperçois un lavabo simpliste pour ablutions, surmonté

    d’un miroir lacédémonien.




    Toujours, dans cette zone maussade destinée aux traditions d’hygiène

    corporelle, je rencontre une douche, sans différence de niveau, à l’enveloppe

    défraîchie, dépourvue de porte et de rideau, dont le récipient collecteur

    incorporé au plancher de la salle de bain, embrasse quatre déclivités

    facilitant le ruissellement des déchets liquides.




    En ce domaine sanitaire spartiate, sans coquette baignoire acrylique à remous,

    procurant un effet massant et relaxant, sans spa à débordement, sans

    merveilleux jacuzzi, le seul luxe réside en une encoignure de mise en ordre

    servant à la pose des affaires de toilette.




    Maintenant, je suis devenu la copie analogue d’un ours brun maintenu en

    captivité, en exil dans sa cage de fer, arpentant tel un galérien furibond ce

    désert si torride, cette terre brûlée et aride, pour me transformer en parfait

    homologue d’un cerbère sans suppléance, en sosie pitoyable d’une sentinelle,

    comptant continuellement mes cent foulées, et enchaîner ma lassitude à ce

    maudit matériel lourd et encombrant.




    Ce machiavélique instrument armé à son sommet d’une puissante équerre

    prémunie de crochets supportant deux besaces d’un volume unitaire de

    trois litres de sérum physiologique prolongées à leur base de tubulure

    à perfusion, qui se rejoignent pour concrétiser l’architecture de la lettre Y,

    est un chemin de croix.




    Ce raccordement est prolongé par une sonde à double courant, dont l’entrée

    vous envoie un cathéter de lavage affecté au drainage de votre voie intime,

    et la canule de sortie reliée à un collecteur vésical lessive le corps de ces

    impuretés nocives et turpitudes nuisibles.




    Mes réjouissances journalières sont vivement décharnées, en effet mes

    divertissements routiniers se rapetissent comme une vieille peau de chagrin

    et impliquent essentiellement le décryptage de revues scientifiques abordant

    des thèmes complexes, dont l’interprétation demeure filandreuse, hermétique

    et chaotique.




    Dans l’intention de réfrigérer le samovar cérébral, aucune broquille n’équipolle

    la consultation expéditive et superficielle d’un magazine faubourien, rapportant

    les indiscrétions innocentes, les confidences virginales ou les mièvres secrets

    largement éventés des bateleurs de l’actualité.




    Ces amusements temporaires réussissent à m’exacerber, malgré l’apparition

    tardive d’un recueil de mots croisés, et le remplissage des cases blanches,

    dont les appellations mystérieuses s‘entremêlent harmonieusement après

    élucidation des vocables concordant aux spécifications.




    Sur ces entrefaites, je congédie d’un revers de main tous ces rebutants

    imprimés, j’intercepte convulsivement un transmetteur signalétique dans

    l’optique de démasquer une diffusion attrayante, en état de me défalquer

    d’une mélancolie galopante, mais vaine initiative mon communicateur

    à distance frôle l’apoplexie, car le déploiement tourbillonnant des chaînes

    ne montre qu’une succession ininterrompue de productions prosaïques.




    Comment parvient-on à acquérir la putative décence pour prétendre à faire

    ingurgiter, sans sourciller, à un téléspectateur désabusé et décontenancé

    une bouillie infecte constituée d’indigestes rutabagas ?




    Je ne peux me résoudre à chloroformer les images universalisées par le

    projecteur numérique, en raison de la vulgarisation des vibrations acoustiques

    car ces sensations auditives remplacent un interlocuteur fantomatique.




    Je puis vous confirmer, en toute sincérité, que cette invasion endémique

    de bourdonnements indistincts, de brouhahas assourdissants supplée, de

    manière médiocre, la désolante absence d’un ami dans un donjon confiné,

    où fulmine le souffle glacial d’un silence interplanétaire.




    Alors, j’étouffe toute source d’éclairage, dans le dessein de hisser les lamelles

    en plastique des deux dispositifs de protection contre la lumière, de lover

    ces stores coulissants autour de leurs rouleaux horizontaux, et de libérer

    les devantures des fenêtres oscillo-battantes.




    Dehors, il y a bien longtemps, que l’étoile volcanique a immolé sa toison

    d’apparat, le soleil a fourvoyé une formidable potentialité de son énergie

    caniculaire et a cessé d’être au zénith de sa majesté.




    Bientôt, il n’oppose plus aucune résistance opiniâtre, il se laisse choir,

    pareil à un infirme d’âge canonique, de son royal piédestal, et décline

    peureusement vers le repos éternel, en délayant des aquarelles rosées, en

    détrempant des gouaches orangées, en ravivant des pastels azurés, en

    déployant des ellipses mordorées, en exécutant des lavis aux encres bistre,

    en juxtaposant des mosaïques ocre et pourpres…




    Dans les hébétudes bleuâtres subsistantes, je perçois correctement les profils

    foisonnants d’une multitude de criques cylindriques, de golfes recourbés, de

    baies ovales aux bordures lacérées, abritant des archipels tortueux, des baies

    moutonneuses aux croquis extravagants, des falaises gréseuses, et autres

    escarpements rocheux violacés battus par des marées lactescentes.




    Comme je désirerais zébrer, pareille à cette évasive rafale d’oiseaux

    migrateurs, ce firmament surnaturel, m’estomper et disparaître dans

    ces lueurs ouatées, rien qu’une microscopique seconde.




    En cette geôle taciturne, point de nuits opalescentes scandinaves, de clartés

    crépusculaires jaunâtres, de soleil couchant pourpre-lilas, d’orientations

    incandescentes verniennes, aux colonnades fuselées d’une palette vert bleuté,

    couleur béryl, ou émeraude, car les particules pulvérulentes et les cendres

    aériennes emprisonnent les ultimes apparitions du rayonnement solaire.




    Jamais, je n’ai espionné aussi précautionneusement les phases hétéroclites

    de l’horizon à la nuit descendante, à aucun moment je n’ai remarqué cette

    prodigalité de chapelets équivoques, de rosaires funèbres, ce cortège d’abîmes

    aux excavations béantes et profondes.




    À l’extérieur, l’obscurité apocalyptique amplifie graduellement son suaire

    mystique, constellé d’impressionnantes nappes plus ou moins fibreuses et

    filamenteuses, de couches granulées d’épaisseur corpulente, de voiles crochus

    et cambrés, de galets ombrés et pommelés, de masses lenticulaires, de solives

    saturniennes et compactes.




    Toute cette cohorte de nuages disparates s’amalgame dans des lambeaux de

    guenilles déchiquetées, aux dimensions papillonnantes, s’entortille autour de

    volumineuses spirales aux cimes panachées, se combinent avec des voilures

    granulées et stratifiées.




    Je me trouve dans l’incapacité d’indiquer la dénomination de ces exhalations

    abstruses, d’opérer la distinction entre cirrus, stratus, cumulus, et autres

    mofettes, à géométrie inconstante, à base plate, aux protubérances arrondies,

    aux mesures à développement vertical, aux sommets floconneux, aux formats

    continus, aux voûtes grisâtres.




    Ma toile picturale ne possède nulle connotation scientifique et météorologique,

    elle découle naturellement d’une étroite conciliation entre mes constatations

    oculaires, et mes interprétations individuelles qualifiant certaines de ces

    manifestations atmosphériques de brouillards hétérogènes et pondéreux

    chaussant quelquefois un gabarit similaire à un trapèze quelconque.




    Mon imagination vagabonde place quelques nues atrabilaires dans les figures

    mathématiques épousant la carrure d’un triangle scalène, et poursuit de même

    la classification des autres suspensions turbulentes en alvéole d’abeille, carré

    concave, cylindre cubique, groupe de frises, hélice sinusoïdale, diagramme

    d’aspect patatoïde, dodécaèdre pentagonal, zome spiral et losangique, spidron

    arachnéen, salinon lunulaire, prisme trièdre.




    En prolongeant mes irréfragables investigations, je discerne aux antipodes

    une tour cabalistique, qui me scrute irrespectueusement, et me toise avec

    superbe et condescendance, tout en clignotant ces deux gros phares

    rubiconds.




    Cet insupportable obélisque, qui m’examine en permanence, brave l’horizon

    noirâtre, et ces globes sanguinaires fusillent du regard trois fenêtres éclairés

    situées à proximité de mon bâtiment de surveillance, couronnant un parking

    lymphatique, où somnolent une dizaine de voitures silencieuses croquant

    le marmot, en espérant sagement la venue imminente de leur propriétaire

    pour les extraire de leur engourdissement.




    Dans cet empyrée exécrable et caravagesque, soudainement vrombit et rugit

    un abominable bouillonnement, prédisant un effroyable orage, escorté

    d’essaims catapultant leurs salves colériques dans ma direction, sans négliger

    la foudre et le marteau du dieu guerrier Thor.




    Des rafales fielleuses fusionnées à des averses diluviennes assaillent des

    réflecteurs esseulés aux lumignons défaillants ; ces lamentables réverbères

    éclatent en sanglots et versent des pleurs, si bien que cette vision horrifique

    m’afflige incommensurablement, et de surcroît j’oblige ma main à entériner

    une cadence d’exception pour maculer mon calepin d’hiéroglyphes terminaux.




    J’enregistre fiévreusement dans mon mémento des bribes et des reliquats

    s’appliquant aux exercices linguistiques manipulant ces fééries cosmiques,

    ces miraculeuses arabesques immatérielles, dans un capharnaüm biblique,

    étant donné que ma diligence spéculative fléchit dangereusement, et qu’un

    intolérable harassement me pénètre et raidit mes membres endoloris.




    Je m’évertue à occulter cette douleur lancinante, dont les perpétuelles

    constrictions perforent et enflamment mon uretère, et je rejoins péniblement

    mon cénotaphe granitique de contrition, jumeau d’un automate désarticulé,

    heureux et souriant, tel un enfant qui vient de téter un sein nourricier, car me

    voici en compagnie de ma nouvelle poésie.




    Mais, pourquoi s’enliser | au fond d’infâme trame,

    Conjoncture à rupture, | lunaison de saison,

    Clore métaphore | par sésame bilame,

    Brûler, sans aduler, | pavillon sans raison.




    Un raisin de chemin, | rançon de nouaison,

    Pour âme tsigane | de gitane profane,

    Un son de trahison, | un ton de véraison,

    Mais, pourquoi s’enliser | au fond d’infâme trame.




    Ronde vagabonde, | que la faconde acclame,

    Sans admonition, | leçon ou oraison.

    Quel enjeu dangereux, | entame ou mélodrame,

    Conjoncture à rupture, | lunaison de saison.




    Une conclusion, | finale fenaison,

    Pour tirer de son sang | l’igname, qui diffame.

    Le sentiment profond |d’ultime liaison,

    Clore métaphore | par sésame bilame.




    Nul vin de Pergame, | aucun épithalame,

    Ni chapon, venaison, | oison, ou livraison,

    Il faut semer daphné | colchique, jusquiame,

    Brûler, sans aduler, | pavillon sans raison.




    Avant qu’effusion | des plants, en floraison,

    Déclame ou réclame | la dame au cœur cérame,

    Que messe soit dite au | giron de cargaison,

    Perfidie maudite, | j’équiperais ma prame.












































































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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
janedeau le jeudi 08 octobre 2020, à 19:16
Bonjour
Une longue et intéressante prose je dirais où l'inspiration vous seid bien, superbe !
J'aimerais lire tes autres écrits car ils méritent assurément d'être lu et commenter., rejoins-moi sur http://merveillespoetiques.forumperso.com/forum
À bientôt
Jane

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