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Je les vois, les Lacs Rouges,
Déchirant la roche,
Ouvrant dans la pierre leurs gorges
Qui noircissent dans l'air chaud des soirs blancs.
Je les vois, les Lacs Rouges,
Ecartés et s'écartant,
Rongeant l'épiderme de marbre
Des plaines désertes n'ayant jamais rencontré l'astre solaire.
Je les vois, les Lacs Rouges,
Qui s'imposent entre les ecchymoses de la roche,
Qui se reproduisent, qui se multiplient,
Qui foisonnent et s'accroissent chaque nuit.
Je les vois, les Lacs Rouges,
Dont l'eau écarlate déborde,
Expulsée des veines souterraines,
Venant tâcher le marbre de la plaine.
Je les vois, les Lacs Rouges,
Qui transpercent la rétine des nouveaux spectateurs
Comme ils ont transpercé la mienne, et mon cœur,
Et mon âme à jamais marquée.
Je les vois, les Lacs Rouges,
Ouverts comme des yeux dans le milieu de la roche,
Regardant, observant, fixant, dénudant, pervers,
La peur logée dans la tête de ceux qui imaginent des civières.
Je les vois, les Lacs Rouges,
Rougeoyant de mesquinerie, déterminés
A encore plus l'éventrer, à encore plus la déchirer,
Lorsqu'ils voient les éclairs d'argent tomber tels des couperets.
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