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🐦🐤🕊 20.5 - Souvenirs d'enfance (suite4)

le mardi 10 novembre 2020, à 16:04. Posté par FRANCOIS







    L’abominable marasme économique martelait férocement la catégorie des

    prolétaires, un désœuvrement endémique fourmillait dans chaque chaumière

    campagnarde, de sorte que l’unique épilogue pour neutraliser cet impénitent

    chômage se résumait en une inexorable immigration.





    Nous ignorons toujours les parcours serpentins, que notre porte-drapeau a du

    suivre pour s’inscrire à l’Office national d’immigration porté sur les fonds-baptis-

    maux le deux novembre mille-neuf-cent-quarante-cinq, disposant d’un centre

    de sélection à Milan, qui recrutait des candidats consentants pour un exode

    vers la France, en leur fournissant un titre d’embauche temporaire, un certificat

    médical, une carte de séjour intermittente, et un passeport erratique autorisant

    leur venue dans les métiers agraires, vu que ce secteur demandait des besoins

    croissants.




    Notre finaud procréateur, qui ne détenait aucune compréhension en la qualifi-

    cation rurale, avait débusqué un premier engagement dans une ferme arboi-

    sienne, si bien que la suite domestique affligée et éplorée se résolut à se

    séparer des grands parents, des oncles, des tantes, des cousins et germaines,

    en traînant péniblement avec elle de maigres valises, et une pimpante malle en

    fer illustrée de fresques.




    Des phosphorescences impubères, ne perduraient que d’euphoriques

    entrechats que nos bambines réalisaient sur un lit monstrueux en

    manipulant un titanesque édredon, glorieux trophée constituant leur

    unique distraction juvénile avec cette fascinante contemplation des

    surprenantes locomotives à charbon.




    L’ingrate longévité d’une journée d’inaltérable asservissement dans l’épineuse

    spécialisation de la discipline contadine se propageait dès potron-jaquet, quand

    une fulgurance églantine préludait à l’émergence de phébus, jusqu’à la tombée

    du soir, lorsque le soleil commençait à régresser sous l’horizon.




    Notre paternel s’était converti en serviteur irréprochable, qui ne censurait point

    les activités les plus hideuses, car sa lignée était hébergée, sustentée, plus ou

    moins blanchie, et qu’il recevait une rétribution mensuelle en produits

    champêtres et en disetteuses espèces numéraires, aussi il se métamorphosa

    en vacher méticuleux en dorlotant le cheptel bovin, octroyant les richesses

    capitales en liquides blancs nutritifs, beurres, et viandes, en assainissant les

    soues, en curant la basse-cour, où déambulaient nonchalamment poules, coqs,

    dindes, canards, et oies, alors son patron comblé par sa disponibilité, lui

    attribua en toute sérénité, d’autres besognes plus gratifiantes.




    Immédiatement, notre glorieux mainteneur, après la mulsion des vaches, qui

    s’opérait soit dans la soirée, avec une conservation du lait dans de grandes

    cuves d’eau froide, soit très tôt le matin, conduisit quotidiennement un véhicule

    hippomobile maniable, rehaussé sur un ensemble de roues énormes, et tracté

    par un cheval de trait loyal et obéissant, fameux pour sa verdeur et sa vitalité,

    avec une assise crédible, une efficacité fulgurante et une cadence vigoureuse

    et régulière, dont le pelage virait sur une couleur argentée, et dans

    l’harmonieuse physiologie proposait un faciès ouvert, un devant spacieux, un

    linéament droit, une crinière opulente, une encolure rectiligne et bien

    charpentée.




    En Franche-Comté, dès l’épanouissement de l’astre diurne, notre salvatrice

    providence stabilisait les boilles principalement fabriquées en fer blanc, dont la

    capacité unitaire oscillait entre vingt et cent litres, à l’arrière de la charrette par

    l’intermédiaire d’indéfectibles cordages, en acheminant l’éminent fluide vers

    de sélects particuliers, ainsi qu’en direction des laiteries limitrophes.




    Parfois, en cachette de son maître, d’une force herculéenne, un colosse campé

    dans de proéminentes bottes, et vêtu d’une salopette défraîchie, il était escorté

    par ma mère et mes deux sœurs, aux prémices de la vêprée, afin d’attiédir

    cette occulte déréliction, qui vous surveillait subrepticement en arrière-saison,

    quand le baldaquin céleste se voulait pailleter de fantasmagoriques comètes,

    en ces nuits magiques, l’insignifiant haquet se modifiait carrosse luxueux, et

    les humbles cendrillons revêtaient des apparats de princesses distillées des

    contes de fées.




    Malgré les pouffements joviaux des enfants, les esclaffements allègres de cette

    atmosphère accommodante, il convenait de déserter cette délicieuse contrée,

    qui ne prônait aucune rétribution admissible pour avoir la possibilité de

    subsister dignement, alors nous nous résolûmes à pérégriner en Moselle, qui

    s’ouvrait, avec ses mines et usines, à des milliers d’immigrés, en tant que terre

    promise, où je germais un onze septembre mille neuf-cent-cinquante-et-un,

    pendant que Vivien Leigh remportait un succès phénoménal dans un Tramway

    nommé Désir.




    Sans la moindre prolepse, je ne puis dire, que je n’ai pas expérimenté une

    juvénilité aussi odieuse et monstrueuse que l’enfance exécrable et molestée

    de ces paladins enfantins de l’époque victorienne, l’existence tumultueuse de

    David Copperfield, et la destinée rocambolesque de ce misérable orphelin,

    appelé Oliver Twist, proie vulnérable des bas-fonds sordides de la capitale

    anglaise.















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