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Monsieur,
Ayant gardé longtemps vos sentiments cachés,
Sachant pertinemment que rien n'en découlerait
Pourquoi m'avoir avoué que vous m'aimiez?
Peut-être aurait-il mieux valu ne pas les divulguer
Monsieur,
Ce soir il m'en souvient la délicatesse des missives
Ou la tendresse se lisait aisément entre les lignes
Et, comme Cendrillon après son Prince soupirait,
Sans trop oser croire aux contes de fées
Monsieur,
En secret, le cœur commençait à espérer
Le jour où un vœu des plus chers se réaliserait
Rencontrer celui dont l'on avait tant rêvé
C'était sans compter avec le tour que la vie jouerait
Monsieur,
Aujourd'hui, seuls sur une plage, tels de naufragés
On voit votre barque s'éloigner de notre sphère
Emportant au large les amours éphémères
N’ayant trouvées ancrage que dans l’imaginaire
Monsieur,
A défaut d’être jetées dans une bouteille à la mer
Les brisures d’un rêve s’envolent dans les airs
Sans que vous n’ayez vent des sentiments cachés
Peut-être aurait-il mieux valu les divulguer
Monsieur,
Cela, nous ne le saurons jamais
Car, tout comme le cœur fut déchiré
En mille morceaux, cette lettre l'aurait été
Sans avoir atteinte son destinateur
Ivydall,, 29 10 20
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