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Le ciel saigne et s'endort dans la douceur bretonne
qui sent le chèvre-feuille et la rose effeuillée
Sur le petit chemin qui mène à la falaise
dans le soir alangui, c'est un temps pour mourir.
Mourir de trop aimer et de trop de beauté.
Je ne peux que m'offrir, immobile et songeur,
me livrer tout entier aux effluves du large,
aux caresses du vent berçant l'herbe des prés,
à la paix de mon cœur enivré de bonheur.
La légende qui monte au-dessus de la mer,
je l'entends converser avec la verte Irlande.
Au fond de moi résonne la clameur du vieux rêve.
Et je la ressens forte au plus profond de l'être,
Je me tais. Mieux la ressentir, m'en imprégner.
Pour mieux en vivre. Ou en mourir, Libre et debout.
Voici la nuit venue avec ses longs soupirs.
Bras dessus, bras dessous, ensemble, confondus,
le passé, l'avenir et le présent tout neuf
marchent en souriant dans la paix revenue.
Je me sens transporté. La Bretagne s'éveille.
Arthur est revenu. Je serai donc Merlin.
Que le bonheur est simple et que la vie est douce
quand on a comme moi la chance de comprendre
que la force du rêve étreint celle de vie.
Oui ce soir je comprends pourquoi je suis ici.
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