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Oui tu devrais mourir pendant que tu es belle
Avec tes cils sans fard, tes paupières gelées
Oui tu devrais partir avec cette dentelle
Qui pose sur ton cou les chemins du péché
Oui tu devrais mourir puisqu’encore sur ta peau
Vibrent les mots d’amour que j’y ai dessiné
Et que ta main caresse dans un rêve d’oiseau
La vie de sable fin que nous avons chantée
Oui tu devrais partir là quand tu m’aimes encore
Et que je t’aime tant et puisque tu le sais
Oui tu devrais partir tandis que sur ton corps
L’aube en larmes viendrait doucement frissonner
Tu t’en irais sans bruit la vie n’y verrait rien
Je croirais que tu dors et je serais heureux
J’inventerais déjà les mots de ton matin
Regardant les lueurs butiner tes cheveux
Oui tu devrais mourir et quand j’aurais compris
Repoussant le drap blanc, dénouant la dentelle
Je te découvrirais comme la première nuit
Sans fin j’embrasserais cette pâleur nouvelle
Puis chassant la douleur ou plutôt sans l’attendre
Je sourirais encore ma tête sur ton bras
Mes yeux se fermeraient la mort viendrait me prendre
Qu’importe où nous irons si je pars avec toi
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