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Apparemment, les déferlements séquentiels de l’évacuation des Blancs
permirent de laisser un espace inoccupé immédiatement colmaté par les
autochtones, et l’accaparation instantanée des patrimoines des émigrés et
l’amodiation rapide des habitations consolidaient la puissance des gens de
couleur et procuraient aux nouveaux hommes libres les expédients capitaux
pour intensifier leurs linéaments polémologiques et renforcer l’apanage
économique dans leur fief respectif.
Cet antagonisme farouche pour protéger la suprématie exigeait la
domestication de plusieurs habiletés, l’art de la guerre, les artifices
de la diplomatie, les finesses de la ruse et la détermination des
compétiteurs en présence, si bien que le 11 septembre 1796, Toussaint
Louverture exploita le fait que le collège électoral fut majoritairement
constitué de bellicistes pour élaborer des directives, afin d’agréger le
plébiscite du gouverneur Lavaux en tant député, et pour le persuader de
rentrer en France le 14 octobre pour lutter contre le groupe de pression pro
esclavagiste grandissant à Paris.
Toussaint Louverture sut différer patiemment son atermoiement, et fut nommé
commandant en chef de l’armée de Saint-Domingue le 3 mai 1797 à la place
du gouverneur Lavaux, de telle sorte que son bienfaiteur Santhonax
prodigieusement prisé près des Noirs lui causait du tort, aussi le 24 août,
il plaça ce dernier sous escorte et le contraignit à embarquer sur un navire
voguant pour la France, qu’il atteignit après un voyage houleux le 24 janvier
1798.
Au mépris de l’acceptation du compromis de Whitehall du 19 février 1793 entre
les Britanniques et les pionniers de Saint Domingue, Toussaint Louverture
persistait dans ses hostilités envers les troupes anglaises violemment
émoussées par les désertions et ébranlées par la fièvre jaune, si bien la
capitulation fut attestée le 13 mars 1798 par Thomas Maitland, trois petits jours
après la soudaine arrivée d’Hédouville, qui espérait tirer quelque profit de cet
armistice.
Afin de paralyser la pétulance présomptueuse de Toussaint Louverture, le
Directoire s’affaira à introniser un agent inédit en la personne du général
Gabriel Marie Théodore Joseph, comte d’Hédouville, ce porte-parole de la
République, à l’influence considérable, qui foula le sol de Cap Français le
27 mars contraria excessivement le général noir.
L’entrée victorieuse du 16 mai de Toussaint Louverture à Port-au-Prince, en
charge d’hommes assujettis par le passé, engendra une vive animosité entre
les deux personnes, puis l’évacuation du Môle-Saint-Nicolas, ultime place
forte de la présence anglo-saxonne le 31 août, en procédant à des tractations
clandestines autorisant aux croiseurs britanniques d’atteindre les ports
dominicains sans encombre, ce qui provoqua la fureur du gouvernement
français,qui avait subi un terrible revers à la bataille navale d’Aboukir.
Toussaint Louverture ne musa point à se séparer de cet écueil, dont la
présence dans la coterie créait une redoutable traverse pour ses résolutions
ultérieures, et il organisa une sérieuse sédition du cinquième régiment colonial,
conçu exclusivement d’aborigènes, appuyée par une terrible rébellion des
cultivateurs du Nord, si bien qu’Hédouville, pour obvier à une poignante et
sanguinolente dévastation de la ville, partit pour la France le 23 octobre,
escorté par l’aéropage d’autres mandataires des instances métropolitaines, des
planteurs blancs apeurés et des fonctionnaires effarés.
Toussaint Louverture s’empressa de dépêcher l’un de ses émissaires Joseph
Bunuel dans l’objectif de contacter les plus influents négociants de Philadelphie
pour transiger le redémarrage des échanges commerciaux, et n’hésita pas à en
faire la demande le 6 novembre au président des États-Unis John Adams, qui
à cet effet nomma à Port-au-Prince le consul Edward Stevens, si bien qu’en fin
d’année le commissaire civil et ordonnateur Philippe-Rose Roume se
rapprocha du général noir et le soutint contre Hédouville.
En février 1799, le Congrès américain largement régenté la faction des
fédéralistes se prononça pour une règle juridique dissolvant le boycottage
envers Toussaint Louverture et Saint Domingue, et le 4 mars, le secrétaire
d’état Timothy Pickering corrobora que le président John Adams serait
enchanté si les opérations commerciales se rallumaient avec son pays.
Pour exécution de cette mission, il détacha Edward Stevens, qui accosta au
Cap Haïtien à bord du navire Kingston, navire foisonnant de victuailles, et
remarqua que son devancier Jacob Meyer ménageait un achalandage
frauduleux de marchandises nord-américaines défaillantes, en collaboration
avec des négociants véreux.
Edward Stevens fut formellement porté au rang de consul général des États
Unis à Saint Domingue en avril, position l’autorisant à accentuer les liaisons
mercantiles avec l’intendance de Toussaint Louverture, en faisant ravitailler l’île
par des bateaux américains.
Le 13 juin, la convention commerciale tripartite fut signée par l’administrateur
colonial anglais Thomas Maitland, son initiateur le docteur Edward Stevens
représentant les États-Unis d’Amérique, et le notable dirigeant de Saint
Domingue, Toussaint Louverture, qui promit qu’aucune embarcation flibustière
française n’eut la possibilité de s’approvisionner dans ses installations
portuaires.
Dans le cadre de son refoulement requis, Hédouville dispensa André Rigaud
dominant le Sud de l’île avec l’appui d’Alexandre Pétion, de toute inféodation à
l’égard de Toussaint Louverture surnommé le Spartacus Noir, soutenu par
Jean – Jacques Dessalines, de telle sorte que les deux impétueux
antagonistes se livrèrent dès juin à un indubitable affrontement pour le prestige
et la supervision du territoire.
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