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BRUMES
(Echo à Valérie)
Oh, regarder la mer toujours recommencée,
Qui berçait nos regards aux frontières du vent
Et battait, comme un cœur, un coup noir, un coup blanc,
Dans le sang de son sein que le soleil perçait !
Gésir sur un nuage, saisir à bras-le-corps
L’étoile de passage aux yeux des cormorans,
Façonner de ton corps l’albâtre au cri mourant,
Tel était mon désir que la mer porte encor.
Appuyés sur le temps qui se dérobe et fuit
Nous avons dérivé au large de l’espoir,
Jusqu’aux eaux furieuses d’un océan noir
Qui fit de nos vaisseaux des épaves de nuit.
La marée qui renonce abandonne à regret
Les fantômes des mots des marins naufragés,
Enlisant à jamais une image figée
De muse aux yeux noyés des brumes du passé.
***
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