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Pour un qui se reconnaîtra* (PLUS MAINTENANT IL EST DÉCÉDÉ )
Ecrit à l'intention de mon prof de maths en 1948 lorsque j'étais en cinquième et que j'avais quelques difficultés dans cette matière. En partie, j'en reste convaincu aujourd'hui encore, à cause de cet enseignant. Sûrement un brave homme mais qui manquait quand même un peu de psychologie. C'est bien simple il terrorisait quelques élèves. Dont moi, qu'il semblait, je ne sais toujours pas pourquoi, avoir pris en grippe . Sans doute ne comprenait-il pas que je pouvais être bon en français et d'autres matières et être nul en maths. Je crois qu'il pensait que je le faisais exprès, alors qu'il me faisait "perdre mes moyens" . J'ai compris beaucoup plus tard que les maths pouvaient m'intéresser et que je pouvais "m'y débrouilller"
Cet inconnu au tableau noir dictant ses problèmes d'algèbre, est-il un grand savant tout noir ou un envoyé des ténèbres? Par quel produit, défi, cornue, quelle mystérieuse alchimie, nous pose-t-il ces inconnues qui ensorcellent notre histoire et nous poussent au désespoir ?
Etrange Prince du Savoir, on aimerait bien le comprendre ce que tu fais à nos mémoires qui s'égarent dans leurs méandres.
Es-tu sorcier en ta magie, te livrant aux Forces du Mal ? Es-tu un envoyé spécial venu pour nous gâcher la vie ?
Es-tu mathématicien fou ? Aigrefin ? Filou ? Loup-garou? Es-tu l'esprit du vieux hibou qui nous guettait les soirs d'hiver pour nous annoncer des malheurs ? Prends-tu plaisir à faire peur ?
Viens-tu du soufre de l'enfer pour dans ton siège obsidional nous en faire sentir l'odeur ? Es-tu l'incarnation du Mal ?
Toi, que l'on nomme Professeur, qui règnes seul maître sur nous, empoisonnant notre existence, ainsi qu'aux pauvres tourlourous un vieux général en démence, es-tu Belzébuth en personne ? Toi qui sévis quand l'heure sonne où les maths ont tant d'importance à ton regard de suffisance, que notre terreur t'aiguillonne.
Tu rayonnes comme un soleil (le soleil noir du désespoir), tu régentes, ris tout pareil (on se croirait à l'abattoir) à un sultan dans son harem, ou dans son wigwam un sachem, éternel tel Mathusalem pour notre âge qui biberonne les premiers plaisirs de la vie et ne demande en sa candeur qu'à t'émouvoir et te bénir, si tu transformais ton génie -et le lieu où il s'accomplit- en grand dortoir pour petits loirs.
Mais toi, sans jamais t'infléchir, heureux de nous abâtardir, tu transformes en purgatoire la classe où peinent, à perdre haleine, gémissantes nos comprenoires. Et pour nos mémoires, item, ce sont de piteuses passoires, ne sachant plus que requiem mais sans une once de Mozart.
Toi, l'inconnu au tableau noir, toi qu'on appelle "Prof de maths" dis, si tu voulais bien ce soir... ne pas en faire ?...
Ce serait bath "Echec aux Mahs" !
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