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Vent, gentil vent, toi qui circules
Partout dedans le monde entier,
Dis-moi suis-je si ridicule
De vouloir chercher ma moitié ?
Crois-moi, c'est une sotte idée..
N'es-tu pas libre ainsi, heureux?
Pourquoi vouloir ta Dulcinée,
Tel Don Quichotte malheureux ?
Toi, mon compagnon, toi, mon arbre,
Toujours fidèle à mes côtés,
Comment puis-je rester de marbre
Devant de pareilles beautés?
Vraiment ma peine est bien cruelle.
Je ne te suffirais donc pas?
Que tu préfères quelque belle
Au confident de tes ébats .
Mais toi la mer, vaste et profonde,
Toi qui es femme par ma foi,
As-tu connu de par le monde
Quelqu'un plus malheureux que moi ?
Tu ne sais rien de la misère
Que je rencontre chaque jour.
Crois-moi partout de sur la terre
N'est pas pire le mal d'amour.
Alors toi, la douce voisine,
En couple depuis cinquante ans,
Ne vas pas te dire chagrine
Au rêve d'un gars de vingt ans?
Non. Mais je te préfère espiègle.
Mon mari vient de me quitter.
L'idiot ! après ce demi-siècle,
Pour une qui va le plumer .
Toi, poète, je te questionne.
Je me sens dolent à mon tour.
Je suis tout triste et je frissonne.
Suis-je en proie au mal de l'amour?
Tout comme moi tu romantises
Pour un sourire ou un jupon.
Tu te tracasses, dramatises,
Tantôt pour oui, tantôt pour non.
Dis-moi mon cœur que dois-je faire
Puisque tous m'ont déconseillé?
Dois-je rester célibataire,
Sans te partager, résigné?
Un jour, tu trouveras ta belle.
Ne te pose-plus la question.
Tu sauras la voix qui t'appelle.
Prépare-toi à cette union.
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