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Où est la jeune magrébine
Aux voiles maculés de sang ?
Les sables du désert impriment
Son souvenir en mon présent .
Lorsque j'entrai dans sa metcha
Elle était prostrée, sanglotante.
Quel est le salaud de soldat
Qui l'avait forcée, chancelante ?
Elle, qui refusa ma main ,
Penchée sur elle, secourable,
Rejeta vers moi, misérable,
Son viol dans le petit matin.
Et moi, je reverrais sans cesse
Dans son regard désespéré
La honte, colère, détresse,
La haine qu'elle me portait..
J'eus honte aussi de n'avoir pas
Pu empêcher cet acte ignoble.
Je n'ai jamais su le soldat
Qui l'a renversée sans vergogne.
Ô toi la jeune musulmane
Qui confondit dans ta rancœur
Celui qui se rendit infâme,
Celui qui se voulait sauveur,
Tu ne sauras jamais sans doute,
Ta souillure, elle brûle en moi.
As-tu pu pardonner ? J'en doute.
Mais moi je ne l'oublierai pas.
Hélas ! un fait authentique qui s'est passé en 1958
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