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Les giboulées de Mars sont son passeport pointé.
Il se dévoile besogneux dans une nature ensommeillée.
En secret, il façonne les végétaux fatigués.
Les pelouses, tachées de fleurs, sont tapissées.
Il véhicule subrepticement un air de douceur.
Son souffle fouette les insectes en catalepsie.
Le jardin abandonné retrouve des odeurs.
Les perce-neiges pointent un nez ébloui.
Les violettes , lovées dans la mousse, exhalent un parfum capiteux.
Les pâquerettes, en nombre, s'exhibent avec panache.
Les primevères dans une gabegie de couleurs, allument les yeux.
Les boutons des rosiers de vert sont langés.
Les grelots d'or des mimosas se pâment de fierté.
Les amandiers innovent leurs coiffes poudrées.
La végétation redémarre dans un encens ventilé.
Dans les vergers, les arbres fruitiers sont chapeautés, extravagants.
Dans la forêt, les écureuils ressortent de leurs nids douillets.
Les merles, discrets, ont un sifflet discordant.
L'eau frémissante du petit ruisseau est ridée.
Le Printemps et, sa saveur d'humidité sont une explosion de couleurs flamboyantes.
MC /fevrier (Michelle) Délire
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