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Attention les yeux !
Ca commence un petit peu
Comme ça, doucement,
Comme une valse ! C’est la terre
Qui danse au milieu du cosmos
C’est terrible
Et c’est beau et c’est grand
C’est comique
Parce que l’on est là aussi
Comme des fourmis intellectuelles
A regarder tout ce qui passe
D’un air grave et sincère.
A écouter d’une antenne distraite
La musique des choses
Et la valse du temps
Tagada tsoin tsoin
Attention !
Attention les yeux !
Tout peut arriver qui arrive
Tout peut se passer qui se passe
C’est qu’on est là
Des tout seuls, des milliers
Des milliards
A attendre tellement
Ce qui fera le déclic
Ce qui fera tout
Et il n’y a que le temps qui n’attend pas
Qui passe et qui s’en fout
Avec sa barbe blanche et ses dents de sagesse
Et puis tout l’univers
Et quelques vies fragiles.
Il y a tout cela que tu veux
Que tu prends
Sans emmerder personne
Puisqu’il y a ta part
Et sers-toi de tes yeux et sers-toi de ton âme
Sers-toi de tout cela qui est au fond de toi.
Toi, quelquefois,
Tu pares ton réel de frime insupportable
Peu importe qui je suis
Peu importe qui tu es
Je dis je parle je hurle je crie
Avec mes yeux et tout ce que je peux
La communication
C’est une affaire de conscience
La connerie
C’est une affaire courante
Surtout sur la terre
Belle planète
Aux promesses exquises
Aux frontières incroyables
Beau fruit magique
Méfie-toi de ceux-là qui plantent en toi leurs dents.
La nature avait tout prévu
Enfin presque
Il y a eu les dinosaures
Il y a eu les doryphores
Mais le plus fort
Ce sont toutes les petites bêtes
Qui pullulent et circulent
En même temps
Au même endroit
Sur cette bille dans l’espace
Près du chauffage
Qui chauffe à cœur
Braque son projecteur
Sur l’éternel spectacle
Qui dure qu’un instant
Un instant pour toi
Un instant pour moi
Un peu pour la musaraigne et un peu pour la montagne
Petit tas de viande
Parfois ta frime est insupportable
Quand tu fais l’artisan
Toi-même de ta perte
Petit tas de viande
Qui est plus que cela mais qui l’oublie souvent
Et pourtant quand tu veux
Tu as ta vraie grandeur
Tes dimensions humaines
Ta force véritable.
Il y a de vieux salauds
Des monstres à formes humaines
Un petit peu
Il y a des animaux
Et les pires de tous qui rêvent
De ténèbres d’une façon
Funeste
Et les pires de tous
Comme c’est dommage
Comme c’est con
Ce jeu stupide
A passer le temps à le menacer
D’extinction
Les mains sur les hanches
Jouer le cow-boy
Jouer le rôle
Du tout-puissant
Petit tas de viande
Pitoyable héros
Tu te crois très fort
Quelquefois
Et tu inocules ton poison à tes enfants
Qui prendront sur la tête les déchets de tes rêves
Pauvre con assassin
Triste crétin
A jouer les sorciers tu nous impliques tous.
De tristes animaux à l’allure de singes
Sont gloutons de forêts qu’ils dévorent et dévastent
De tristes animaux
Aux pets radio-actifs
Aux yeux comme le ventre
Verts comme des billets
Monstres modernes
Qui voudraient
Comme ça
Décider pour toi
Et pour les lois et pour la foi.
Il y a des mots comme ça
Au fond de chaque cœur
Qui brillent
Qui brillent dans les yeux
Lorsque tu ris
Lorsque tu dis
Lorsque tu aimes
Et c’est à chaque fois ces instants les plus forts
Plus fort !
Plus fort la musique !
Plus fort les amis !
As-tu fait l’inventaire de ce que tu possèdes ?
Il y a des oiseaux
Il y a le plus beau
Il y a tes délires il y a tes soupirs
Il y a le ciel bleu
Rien que pour tes yeux
Il y a la lumière
Il y a le tonnerre
Il y a ton visage
Et celui du monde
Il y a ton courage
Il y a tout un monde.
Et toi ! homme rond tout gonflé d’illusions
Tu traînes ta misère
Dans un semblant de gloire
Et tu ne comprends rien à la musique
Tu fais des badaboum
Sur la peau des tambours
Et tu marches bizarre comme une mécanique
Pauvre con
Dans le fion on t’a mis un pétard
Et des trucs dans la tête
Et tu n’existes plus.
Plus pour de bon
Qu’est-ce que tu crois ?
Toi homme rond tout gonflé d’illusions
Tu fais le con ce que tu offres
Les enfants les plus beaux n’en voudront jamais plus
De toute façon
Tout va
Et jamais exactement tout à fait comme l’on veut
Tu crois avoir raison
Tu crois que les canons
Suffiront à eux seuls à calmer tes angoisses
Et puis ta peur du noir
Et ta peur de mourir
Regarde bien ton œuvre
Tu fais plus de tares que la vie n’en supporte
Homme rond à l’œil noir
Tu dois être enragé
A force de te prendre pour le chef du destin.
On se prend tout le temps pour ce que l’on n’est pas
On se prend à rêver
Et des fois ça fait mal
Petit tas de viande
Ou petit tas de merde
Le résultat est le même
A constater son impuissance
On en perd les moyens
On en perd l’essentiel
La nature est féroce
Les hommes sont des loups
Tout est manipulé
Grande ménagerie
Les rêves s’envolent
Comme ça de la tête
Et montent dans le ciel
Prières dispersées
Perdues ou englouties
Souvent
La civilisation
Quelle belle invention !
Sagesse des nations
Et autant d’illusions !
Ah ! si l’on pouvait
Un peu se poser
Ah ! si l’on pouvait
Un peu s’arrêter
Et se reposer et se ressaisir.
Si justice il y a
Ce n’est pas ici
Si bonheur il y a
Le vrai n’est pas là.
Attention les yeux
Ne frotte pas trop
Ca peut tout brûler
Ou faire pleurer
A trop espérer
Tu peux en crever
Et si le réel
Te saute à la gorge
Ne t’inquiète pas
Il est passager
Il n’est pas figé
Il n’est qu’illusion.
La vie quelquefois
C’est comme un dimanche
Il y a un début il y a une fin
Ca peut ennuyer
Ca peut passionner
Ca peut prendre aux tripes
Dimanche d’hiver
Dimanche d’été
Ca dépend des fois
Comme bat ton cœur
Mais surtout
Ne te prends pas au sérieux
Tu gâcherais tout
Pauvre fou
Car tu sais tu sais tu sais
La puissance véritable est en toi
Dans la simplicité des choses
Regarde et rends-toi compte
En dehors de toute illusion
Sans façon les raisons
D’un dimanche qui passe
Et qui se passe bien.
Tu contrôles tes rêves
Si tu le veux
Très bien
Et tu fais dans ta tête le pays qu’il te plaît
Tout est très relatif.
Tout est très relatif
Comme le dit Albert
Alors profites-en et mets dans tes bagages
Les plus beaux souvenirs
Parce qu’ils te resteront
Le plus bel avenir
Arrête de frémir arrête de blêmir
Tout peut bien arriver
Que tu redoutes et crains
Mais aussi le meilleur, ça dépend de tes choix
N’oublie pas le soleil
N’oublie pas les couleurs
Pas plus que la musique et tout ce qui te plaît.
Dans la jungle des fois il y a de tristes cons
Des chats qui sont des chats
Et des arbres pas beaux
Pleins d’épines et de merdes
De poisons scélérats
Dans la jungle il y a toi
Et des milliers d’amis
Des fleuves majestueux et des plantes magiques
Dans la jungle il y a
Des papous qui s’ébrouent
Des oiseaux persifleurs et de tout je te dis
Prends tout ce qui est simple
Et vois-en la grandeur
Prends ce qui est pour toi
Et fais-en bon usage
Ce ne sont que des mots
Ce n’est qu’une illusion.
Les mots les plus profonds
Ce sont des mots d’amour
Un musicien est seul
Qui vibre et crée le rêve
Des artistes partout qui disent
Et qui provoquent
Qui disent et qui racontent
Et qui souffrent et qui aiment
Des artistes-artisans par milliers de partout
Et puis
Des manipulateurs-prestidigitateurs
Qui se rongent les ongles et le frein
Dans la descente vertigineuse
Tout est ainsi
Que c’est bien singulier
De constater
Que la terre en tournant fait tourner bien des têtes
Et que c’est à son tour
Qu’elle en a des migraines
Oh ! Quel chouette cinéma !
Tout passe qui trépasse ;
La vie est une aubaine.
C’est la folie
Que le temps passe vite
Que la roue tourne vite
Fièvre d’ici
Tout existe et jamais tu ne pourras voir tout
Que c’est fou
Les spectacles pour toi que tu laisses échapper
Il y a des sentiments
Qui collent et rampent et bavent
Sentiment d’égoïsme
De frime injustifiée
Sentiment de pouvoir
Quand il est détourné
C’est la folie
Que le temps passe vite
C’est pas fini
Tu vas être emporté
Accroche-toi bien
Protège tes yeux
Puisque la roue tourne
On va voyager
Accroche-toi bien tout ne dure pas
Tout passe et tout passe et tout passera
Il y a toute la vie
Qui prend toute la vie
Et puis un jour la mort qui prend quelques secondes
Brusque rupture
Nostalgie sûre
Si tu n’en es pas là c’est que tu as le temps
Le temps de vivre
Le temps d’être ivre
Le temps d’écrire.
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