|
Elle, si belle, dans son élan pur de joie et de vie !
Elle, si fine, dans sa perception du monde vivant,
Des hommes et des bêtes, des plantes et des fleurs.
Dans sa douce subtilité, elle se fait l’avocate des uns,
le procureur inflexible des autres.
Elle sait les besoins de chacun : la juste distance,
la chaleur du baiser, la douceur du sourire.
Nourricière attentive à chacun, qu’en son coeur, elle connait.
Certes son ego est là, parfois, qui renait
rappelant un impératif de survie,
volonté forte, affirmation de ses besoins,
parfois de ses désirs, avec évidence,
mais sans jamais lutter contre
toujours dans la lumière du présent.
Comme ses dessins de boucles et de ponctuations,
langage de formes aux doigts de couleurs
réinvention d’un schéma corporel dansant,
léger avec l’esprit de l’être et les mains
et les pieds qui se posent sur le papier de marbre
qui prend toute chose pour lumière
dans le mouvement d’un monde réinventé.
Comment préserver cette pureté là ?
Cette capacité à communier d’âme à âme,
Cette douceur d’être dans le don,
Cette capacité de transfiguration ?
Comment ne pas sentir en soi, parents,
la torsion se nouer, la corde se serrer, la peur se nicher
à la pensée de toutes les épreuves qui l’attendent,
des chausses-trappes, des égoïsmes, des vanités ?
Comment ne pas s’effrayer qu’elle perde cette grâce
de la communion et du langage transfigurant ?
Depuis les bousculades infantiles, les chicaneries de fillette,
les terreurs des maîtres et des examens, les accidents,…
L’apprentissage si souvent douloureux de la confrontation au monde :
ces règles à apprendre, de grammaire, de société ou de jeu.
Comment penser d’abord et surtout à la joie de la découverte,
au plaisir des échanges, à l’éblouissement des auteurs ?
Comment penser au plaisir des amis, à l’or des livres,
à l’ouverture de la musique, à l’aspiration au bien commun, au… ?
La prière qui monte de soi pour que la grâce de l’enfant soit sauvée
et que devenu adulte ce même être survive à la brutalité du monde,
tisse un rideau sombre devant le soleil de lune dont la blancheur
résonne comme un rappel de son incarnation céleste.
Seigneur, que ta splendeur la protège du charbon du monde !
Vierge Marie, qui m’a tant de fois secouru, garde la dans ta lumière
et nourrit la des parfums de ta robe !
|