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Grand soleil dans le grand bleu
Merlette arrive à point nommé
Le cours d’eau chantonne
Tapis de primeverts
Ruissellement de jonquilles
Bourgeons prêts d’éclater
Quand tout semblait mort
Que le désespoir,
A tout le moins l’incertitude,
Sur ce vivant si morne
Nous guettait ;
Cette explosion soudaine de vie
Nous rappelle la permanence.
J’aime à croire que la résurrection
N’est pas juste un mythe de pierre.
Il me manque encore, aujourd’hui plus qu’hier.
Mes yeux s’effacent derrière la peine
Et mes doigts écorchent mes joues.
Mais je sens en moi la vie qu’il m’a donnée.
Pas seulement en une fois, dans un éblouissement,
Mais, jour après jour, dans la patience du père
Pour un enfant qui le reste de la première à la dernière heure.
Et je ne suis pas seul qui, en son coeur, le guette,
A l’affut d’un signe, d’un geste, d’un mot,
Qui me dirait sa présence éternelle à travers moi
Et ceux qui me suivent, flopée d’enfants rieurs.
Car aussi vrai que l’eau du ru, en bas, coule depuis des siècles,
Son sang venu de si lointain, ne s’est pas arrêté avec son dernier souffle.
Et cette généalogie de vivants et de morts se tenant par la main
Chantant un hymne à la vie à la mort, unit ce que des coeurs étroits
Pensent désunis et hachés comme une ciboulette de vinaigrette,
De celle qu’il aimait préparer pour les petites comme pour les grandes occasions.
C’est cette unité dans l’Un, que d’aucun appelle Dieu, que mon âme en ce jour de mémoire
voudrait sentir vibrer dans l’espace de la lumière et de l’espérance,
Car longtemps encore primevères et jonquilles égailleront les vertes prairies.
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