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Dans ce genre poétique, que j’étiquetterais sous le sobriquet de
novice, car il évoque un univers mystérieux, dontla fascination m’a
toujours bouleversédepuis le royaume de l’enfance.
J’avance lentement dans des profondeurs océanes, qui m’ont été
dévoilées par quelques chefs d’œuvres littéraires sculptés par des
navigateurs de génie, tels James Cook, qui au cours de ces trois
fabuleux périples devait sillonner le globe, afin de découvrir de
nouvelles terres, en explorant les côtes du Pacifique et l’hémisphère
Sud, hélas il devait trouver la mort dans d’atroces conditions aux
iles Sandwich.
Bien entendu, mon chauvinisme proverbial et latent n’omettra pas de
mettre en lumière Louis Antoine de Bougainville, valeureux officier de
marine français, nocher et écrivain, auteur du célèbre Voyage autour
du monde,qui baptisa la plus importante île de l’archipel des Salomon,
et donna son nom, en tant que mécène de de l’horticulture,et excellent
connaisseur dans le domaine des plantes, à la fleur offerte à la première
épouse de Napoléon, Joséphine de Beauharnais.
Il convient de citer également parmi les ouvrages de référence, le Voyage
au Pôle Sud et dans l’Océanie sur les corvettes l’Astrolabe et la Zélée du
fantastique, incomparable et talentueux Jules Dumont d’Urville, qui devait
découvrir les vestiges des navires de La Pérouse, et périr tragiquement le
dimanche 8 mai 1842, jour dela fête du roi Louis-Philipe, car il fut calciné
lors la première catastropheferroviaire française, dans la tranchée de Bellevue,
à l’entrée de Meudon.
À l’avenant, je suis dans l’assujetissement d’extraire des méandres de
l’anonymat , un homme de lettres ignoré du commun, j’appelle à la barre
Eugène Sue, écrivain fertile, qui fut l’un des meilleurs maîtres du roman
feuilleton : les Mystères de Paris, le Juif errant,et dut se retirer à Annecy,
suite à l’animosité de Napoléon III, n’appréciant pas le style de ses écrits.
J’ai tenté de m’inspirer de ces expériences de marin, relatées dans ses livres :
Kernok le pirate, El gitano, Plik et plok, Atar-Gull, la Coucaratcha, la
Salamandre, la vigie de Koat Vën, où le concepteur donnelibre à son
imagination, en bousculant les règles de la décence et de la vertu.
Des coïncidences | de compromission
Céleste contraignent | la voilure au grand largue
,
Sans espoir d’aiguade | sous vive impulsion
D’un fort vent apparent, | qui tympanise et nargue.
Dans l’incapacité | de serrer les accores,
En retour d’acculée, | sous l’effet des remous,
Proscrits des gabarres, | très loin des sémaphores,
Les hommes se soucient | d’empâtés tinamous.
Les gabiers, aussi | dispos que des timons,
Surveillent mâts, ancres | pièces d’empointure,
Câbles de boulines | misaines, artimons
,
Bômes, balancines, | pour maintenir l’allure.
Le chef de bord scrute| le mouvement stellaire,
Fixe l’astrolabe, | représentation
De l’icône plane | d’une sphère armillaire,
Secondé d’un sextant | de navigation.
Voici surgir compas | chatonnés sur cadrans
Référençant le nord, | outils astronomiques,
Alidades, quadrants | pour angles ou radians,
Hygromètres pour flux | météorologiques.
Un farouche noroit | mord noix, élongis, hune,
Branle coussin, chouquet | sous forts coups de blizzard,
Complice dévoué | du trident de Neptune,
Sape baux, hiloires, | consume le cagnard.
Des rafales de vent, | au-dessus des pavois,
Sermonnent le tillac, | houspillent l’écoutille,
S’infiltrent dans les plis | du petit cacatois,
Arrachent élingue, | déracinent manille.
Consultant l’horizon, | sorti de sa nacelle,
Un mousse de brin frais, | perçoit par le hublot,
Pyrapède volant | imitant l’hirondelle,
Ondoiement fouillé | d’un allègre turbot.
Sous l’arche biblique, | bannie des continents,
Serpentent finement | des barsouins infimes,
Des vers annélides | garnis de filaments,
Barguignent des melons, | de marsouins sublimes.
Une sécrétion | de trempe globuleuse,
Une matière | d’un éclat hyalin
Semble mythifier | la mouvance nerveuse,
Convertissant les champs | en écho cristallin.
Les brandons foudroyants | d’un éclair opalin
Flambent, chatoient, poudroient| les perlières salves
Façonnant l’écume | en indubitable écrin,
Statufiant les bailles | en huîtrières valves.
Effeuillant sa robe| glauque d’émeraudine,
L’infini ambulant | déroule son habit,
Secoue de tous côtés | la douce pintadine,
Sans savoir quadriller | son furibond débit
Pareils aux colliers | en pépite ou argent
Faux nettoyeur, mulet | lippu, bogue, blennie
Citron, baliste-clown, | ou poisson réfringent
Évite sphyrène, | phagotrophe d’orphie.
Des nues se momifient | en nappes transparentes,
Drapent de leur linceul | les combles du soleil.
Des embruns suspendent | lueurs phosphorescentes
Aux toisons chevelues | d’un déchirant sommeil.
Des végétaux meurent | dans des lits de fucus.
Des donaces hantent | l’opacité liquide.
Des buissons flexueux | prononcent l’orémus
Dans des rochers raclant | l’abysse vampirique.
Oui, la rédemption | en vieille baderne,
Se perd, s’évanouit | autour du cabestan.
Sur le gaillard maudit, | aucun rachat paterne
,
Et l’espoir se morfond | plus tortu qu’un raban.
Liberté enchaînée, | sans trappe et soupirail,
Jouvence déchirée, | sort pendu à la drosse,
Un seul dogme, servir, | mouvoir le gouvernail,
Exclusive sortie, | s’engloutir dans la fosse.
Le désarroi dilue | des torrents d’amertumes,
Et l’exode brandit | les javelots givrés
D’icebergs ratissant | les caprices des brumes,
Soulignant des veines | marquées de points cuivrés.
Un murmure paré | de murs perpétuels,
Couronné d’armures, | vêtu de carapaces,
Neutralise les pleurs | des puffins, des pétrels,
En guettant ardemment | la débâcle des glaces.
De la philanthropie, | pas de bribe en mémoire,
L’humanité astreint, | à l’asservissement,
Forçats, galériens, | ignorés de l’histoire,
Obligés d’accepter | l’anéantissement.
Dans les cieux taiseux | règne un parfum de mort,
À la frontière | d’une odyssée honnie
Plus besoin de visa, | de sceau, de passeport,
Seul, présume l’octroi | d’une lente agonie.
Des anthias, calquant | les couleurs des oronges,
Célébrant des raouts | byzantins à raison,
Dans logements poreux, | ou parterres d’éponges,
Entravent quelquefois | l’axe de flottaison.
Pas un sauvetage | dans l’océan désert,
Le répit s’étoffe | d’immondes mascarades,
Sans sursis pour l’esprit, | ayant déjà souffert,
Sur la nef fantôme | ne mouillant plus en rades.
Dans cet enfer déchu, | pas le moindre miracle,
Un soupir algide, | tel un roc de granit
Crayonne la toile | d’un désolant spectacle,
Casque la souffrance | d’un létal aconit.
Un gredin belliqueux, | à l’œil terne et vitreux
Un navrement coiffant | la mise en quarantaine
Impose joug fâcheux, | carcan malencontreux
Selon dictature | d’un teigneux capitaine.
Les mâchoires de fer | de formidables squales,
Aux gueules dantesques, | embarrassées de dents,
Engagent vivement | leurs batailles frontales
Pour encombrer de proies | leurs ventres lactescents.
Aux rostres spongieux, | aux dessins fuselés,
Les requins souverains | guident leurs squelettes
Soutenus par rayons | mollets, non segmentés,
Glissant leurs cuirs grenus | auprès des goélettes.
Quand l’ichtyologie, | passionnée de sigles,
Dit, des biotopes | aquacoles, le secret,
Et la clef. Au mitan | des comices de trigles,
Elle chaperonne | flétan, plie, carrelet.
La faune aquatile | s’enrichit d’humantins,
Colonies de prismes | cuirassés de membranes
Phtisiques, d’espadons | aux glaives philistins,
Briguant le train des jets, | l’erre de sarbacanes.
La raie du nom d’aigle, | sur l’aire vaporeuse,
Victime désignée | de la pêche au chalut,
Affronte le nocher, | en parfaite nageuse,
Afin de préserver | son ultime salut.
Élaborant des bruits, | pour cause de dangers,
Par les vibrations | de vessies natatoires
,
Entassant crustacés | dans leurs garde-mangers,
Des grondins gris suivent | leurs voies imprécatoires.
Des essaims de calmars, | très voisins de la seiche
Laissent les déluges, | dont les martels mimant
Les tambourinages | de jeunes pics épeiche
Repoussent finement | les courants de jusant.
Des ramures forgeant | des bracelets d’aiguail,
Colorient de tons prompts | les corolles des ondes
,
Versent larmes de sang, | hallucinant vitrail,
Ou triste parodie | d’impénétrables mondes.
Sur l’élément caudal | de l’imposant navire,
Sous la fausse-quille | de l’étrange étambot,
Se commet un talon | qui se pâme et s’admire,
Égalant la morgue | d’un pompeux escarbot.
Ici, l’existence | se pourvoie de travaux,
De manœuvres de force, | de labeurs de cordage,
Avec poulies doubles | à faisceaux spéciaux,
Caliornes, filins, | apparaux de levage.
Peu de produits exquis | dans ces forêts nautiques,
Lamelles de tortues, | viscères de dauphin,
Mets océaniques | de relents pathétiques,
Freinent vilainement | l’appétit du marin.
Des moissons de gibus, | calcaires verticaux
Épousant tendrement | d’atones pennatules
,
Frôlent madrépores | dans récifs et coraux,
Dotent les fonds muets | de pâquis de virgules.
Munie de papilles, |la flabelline mauve
Broute des hydraires. | Un mollusque piquant,
Hérissé d’épines, | garantie de vie sauve
Apporte à ce tableau, | un aspect urticant.
À quelques profondeurs, | un océan impur
Ravit des coquilles | des chapelets de perles,
Interdit l’avenir | dans cet asile obscur
Pour aquatiques fleurs | ou ombelles de berles.
Greffé de plusieurs | chaînons microscopiques,
Le clan des thallophytes, | comporte champignons
Aménagés d’hyphes, | bérets basques sphériques
.
Des dinoflagellés | traînent leurs lumignons.
Des algues dévoilant | des halos dépolis
Côtoient des padines, | des rhizomes hirsutes
Aux feuilles rubanées, | inhumant leurs tapis
Pelucheux, duveteux | dans des sablons occultes.
Seul, un devin clément, | voyant extralucide
Peut adoucir les heurts | de ce cortège errant,
Museler embryon | et germe de suicide
,
Absoudre le damné | d’un supplice aberrant.
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