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Ils ont la larme à l'oeil
Et je ne comprends pas
Mes yeux fixent en silence
Les jolies tables roses
Et la couleur bonbon
Des chaises en scoubidou
Dans ma tête quelqu'un murmure:
"Hotel Dieu de Lyon"
Et puis sans rien me dire
Ils sont partis....
J'ai six ans
Je ne pleure pas....
Je ne comprends pas....
A l'intérieur de moi
C'est juste vide et froid
Un noir train de nuit......
. Il m'emporte en grinçant
Blottie dans ma couchette....
Soudain la peur me guette
Au milieu du wagon
Je vois des berceaux blancs....
M'ont-ils abandonnée ?
Je ne comprends pas
Je ne pleure pas
Le soleil m'éblouit
Je monte dans le bus
A travers les vitres
Là sous un ciel d'azur
Je vois l'eau bleu marine
Comme celle de la mer
De mon livre d'image....
Mon petit sac est neuf
Et ma poupée aussi....
Un sanglot silencieux
Jaillit là dans mon corps
Où est mon ours blanc?
Un portail blanc s'ouvre
Sur un très beau jardin
Je me fonds dans un rang
Avec d''autres enfants
Il fait trop chaud Maman!
Tu seras sûrement là
Pour ôter mon gros pull?
Des arbres parasols
Sans terre sortent du sable
Mes pieds au bord de l'eau
Foulent des cailloux ronds....
D'un pas silencieux
Comme des infirmières
Des religieuses en blanc
Avec des coiffes à cornes
Ressemblent à des fantômes
Poussent d'étranges enfants
Sur de drôles de fauteuils...
Dans un haut bâtiment
Étagé de balcons
Chaque soir on s'endort
Sur des lits en fer blanc
Et puis tous les matins
Devant la longue table
Une très belle dame
Nous fait lire et écrire
Et quand sonne midi
Distribue le courrier...
J'ai laissé ma poupée
Là bas sur la terrasse....
Ses pieds sont déformés
A cause du soleil....
Et je n'ai pas de lettre....
Alors je vais manger
Pour ne pas pleurer.....
Et je ne comprends pas....
Vendredi on fête Noël
Et l'on chante dans la chapelle
Quelques parents sont venus
Est-ce que les miens l'ont su?
Je ne les ai pas vu.....
Dans ma tête quelqu'un murmure:
"Hopital René Sabran
"Presqu'île de Giens"
Je sais qu'avant de partir
On a collé sur ma poitrine
"Un gros timbre"....
Ma peau me démangeait
Une grosseur dans mon cou
A fait tout basculer
J'entends quelqu'un murmurer
Votre fille est malade"
"Elle a viré sa cuti"
"Une primo-infection"
"Tuberculose"
"Sanatorium"
Je ne comprends pas
Je ne pleure pas
Quand je revins chez mes parents
J'ai su,mon absence a duré trois mois
Et ils se regardèrent en murmurant
"Elle a bonne mine!"
Mais ils ne m'ont rien demandé
J'ai sept ans
Et ma voix s'est éteinte...
Car ma mémoire n'a pas pleurer....
Et puis un jour.....j'ai compris .....
Pour pleurer.......j'écrirai.
Avec des larmes d'encre......
Sur le modèle poétique de "la stimme"en allemand "la voix"sur le principe de la rémanence d'une sensation,ici "le sentiment d'abandon d'un enfant"envoye en sanatorium en 1959 suite à "une tuberculose latente consecutive à une cuti-reaction positive qui indiquait que le patient avait été en contact avec le bacille ce test se pratiquait souvent à l'entrée de l'école primaire dans des dispensaire avant d effectuer le vaccin BCG pour ceux sui était "negatif"
Lhopital René Sabran était un sanatorium,avec à partir de 1958 une pouponnière pour les enfants de 2 à 4 ans,il y avait aussi des enfants atteints de la poliomyélite en fauteuils roulants,des religieuses s'occupaient des enfants,le soleil était une méthode de guérison (seulement pour les tuberculose latentes)ainsi que les bains de mer et une hygiène de vie strict.Le sanatorium est devenu un hôpital après éradication de la tuberculose et soigne des enfants atteints de mucoviscidose et d autres pathologies,il fait partie des Hospices civils de Lyon
Et tous les ans les enfants devaient pour vérification passer une radio des poumonsxpour vetification(pour mon cas ce fût jusqu'à l'âge de 12 ans)je n'ai eu aucun pb par la suite
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