|
Un jour, l'un de nous, s'en viendra tout seul
En pélerinage au pays d'amour.
La mort aura pris l'autre en son linceul
Et le survivant attendra son tour.
S'en viendra chercher, au milieu du givre,
Les moments filés au rouet du temps.
Il aura perdu sa raison de vivre
Et la peine en lui durera longtemps.
La vie est au fond souvent la traîtesse
Qui laisse entrevoir quelque paradis
Avant de reprendre, en parfaite ogresse,
Les bonheurs perdus qu'elle avait promis.
Il aura beau faire et compter les pas
Que nous parcourions dans notre jeunesse,
Passent avec nous les jours d'allégresse.
Le temps disparu ne reviendra pas.
|