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Quand tu sens frémir un brin d'herbe
Sous ta main tendrement posée
Sur la terre encore ennuitée,
Tu le humes intensément.
Alors tu ressens la superbe
Impression d'un monde envoûtant.
Et le plaisir en toi déferle.
Tu deviens joyeux comme un merle
Saoulé de rosée et de vent.
Bonheur simple au soleil levant.
La grâce donnée au poète
D'entendre vibrer dans sa tête
Ce dialoque permanent
Entre l'univers et l'infime,
Entre la nature et l'instant,
Entre le rêve et l'existant
Quand l'amour confine à l'intime,
Qu'il sent monter en lui la rime,
Il a la certitude ultime,
L'enivrance d'être vivant.
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