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Je suis…
Je suis un peu de sel dans l’eau pure des larmes,
Quelques gouttes qui sèchent tout en brûlant ta peau,
Je suis un Quai des brumes qui veut cacher son charme
Dans la salinité de quelques flaques d’eau.
Je suis un peu l’étoile aux cristaux volubiles,
Je suis la fleur de sel qui pousse dans la mer
Et qu’on ne peut cueillir de peur qu’on la mutile
Qu’un jour de marée basse là ou finit la terre.
Je suis sur un visage une peau de chagrin
Que les doigts du sculpteur remodèlent et lissent,
Un atome de chair en habit d’Arlequin
Qui a toute sa vie caché ses cicatrices.
Je suis aussi cet arbre qui cherche ses racines
Et pour mieux les trouver les plante dans le ciel,
Je suis cet embryon qui se cherche une énigme,
L’abeille qui se meurt sans sa lune de miel.
Je suis la fin d’un rêve que l’on a embaumé,
Le matin qui se lève en perturbant tes cils,
La perle de rosée qui te fait un collier
Au creux d’une oasis qui se prend pour une ile.
Je suis ce saltimbanque qui éventre la nuit
Faute de posséder sa sublime déesse,
Je suis ce doux silence qui ne fait pas de bruit…
Je te donne un baiser exempt de politesse.
Je suis le Paradis dans le feu de l’Enfer
Et l’or qui se pétrit dans le blues des richesses,
Je suis celui qui tue ceux qui jouent sur la Terre
Misant sur la misère qui chaque jour progresse.
Je suis ton équinoxe au milieu des tempêtes,
Ton arbre de Noël qui se meurt en été
Le départ des amis à la fin de la fête
Quand les flonflons s’éteignent comme des feux follets.
Je suis le vent qui souffle aux portes du désert
Afin d y épouser ce petit grain de sable,
Qui en se soulevant ne devient que poussière
Et ne donnera rien dans un sillon arable.
Je suis cet horizon qui perd un peu sa ligne
Et se cache derrière une ligne de front,
Limite déclarée à des guerres indignes
Qui ont réduit les corps à des chairs à canon.
Je suis ce papillon qui bat un peu de l’aile,
L’insecte qui se brûle aux lampes de chevet,
Je suis l’humble fortin, timide citadelle
Qui voudrait être prise et dans tes bras tomber.
Tu es ma Nymphéa, mon élégie extrême,
Issue dans la couleur d’un tableau de Monet,
Tu es ce simple vers qui fait tout un poème
Et rend les romantiques encor’ plus démodés.
Claude écrit le 19 Août 2021
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