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Sur le sable gris de la grève
des traces de pas vers la mer.
l'amour a laissé son empreinte.
Moi je reste seul et amer.
La vague effaçant cette empreinte
ne pourra pas noyer mon rêve
ni mon souvenir, ni ma peine.
Submergé par la solitude
je cherche en vain quelle attitude
puis-je avoir devant la marée
de la trahison, de la peine
qui monte et va me torturer.
Et si je refuse la haine,
mon Dieu, mon Dieu , mon âme est pleine
pleure la promesse niée.
Sur le sable mou du rivage
où l'air, l'eau, l'amour et la page
glissent, fuient indéfiniment
je reste seul en mon tourment.
La mort qui pourrait me comprendre
me fera-t-elle encore attendre ?
Si j'aime trop est-ce mon tort?
L'amour, la mer, le sort, la mort
qui veut m'aider? Qui veut m'aimer ?
J'ai mal, j'ai mal... à en crever !
1958
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