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Une certaine vision de l’Amour
L’Amour c’est la blessure jamais cicatrisée,
Un baiser qu’on capture mais qui va s’envoler,
L’Amour c’est un nuage dedans un ciel de traine,
Un soleil mis en cage derrière des persiennes.
C’est un mot superflu prisonnier d’une phrase,
La fleur de tournesol qui se meurt dans un vase,
Une vague promesse dans le bleu de la mer,
Une rose des sables cueillie dans le désert.
C’est l’argile du temps qui peu à peu façonne
Nos âmes et nos corps pendant qu’ils papillonnent,
Un simple feu de joie qui sitôt allumé
Ne laisse que des cendres qu’il faudra disperser.
C’est l’anneau de Saturne que je passe à ton doigt,
Comme l’oiseau qu’on bague et qui revient parfois,
C’est la plume qui tombe d’un ange énamouré
Tel un flocon de neige qui se met à danser.
C’est l’image de toi sur un Polaroïd,
Un petit air enjoué, une pose rapide,
Une photo ratée mais qu’on ne jette pas
Pour mieux se souvenir quand on la reverra.
C’est l’odeur d’un parfum qui me monte à la tête…
Pourtant tu es partie depuis belle lurette,
L’absence qui souligne les rêves qu’on déflore
Sans qu’au petit matin on se les remémore.
C’est mes doigts qui grappillent sur tes grains de beauté
La douceur de ta peau à la couleur ambrée,
La rondeur de tes seins que ma bouche découvre,
Ce désir permanent qu’auprès de toi j’éprouve.
C’est le jardin secret où pousse l’essentiel,
L’ébauche d’un croquis en quête d’aquarelle,
C’est la rime frivole qui ne peut se passer
De stances dépouillées et de vers imparfaits.
La route que l’on prend pour finir dans l’impasse,
Tous ces pas que l’on fait en piétinant nos traces,
Le chemin de traverse que je ne prendrai plus
Car de la mauvaise herbe y a poussé dessus.
Le battement d’un cœur qui draine ses souffrances,
La plaie qui s’ouvre encore, aussitôt qu’on la panse,
Et le sel de mes larmes qui viendra crevasser
Les rides du visage pour le défigurer.
Claude
Ecrit le 11 Octobre 2021
https://www.youtube.com/watch?v=jn9Q1yVGzIQ
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