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Figures incertaines sous le Soleil et sous la Lune.
L’Âge et l’Incertitude assiègent et lacèrent petites et grandes Espérances. Ô Personnages incertains sous le Soleil et sous la Lune, Fantoches de Chair inquiets qui se démènent entre Terre et Ciel, Fantoches inquiets et désirants, en Quête de Refuge et de Compréhension ! L’Âge et l’Incertitude assiègent et lacèrent Corps et Consciences dans le Tourment. Vieillissant et anxieux, je me demande : « A quelle Profondeur faut-il descendre, à quel Abîme, à quelle Hauteur de Vertige monter pour chercher le Principe et la Raison finale d’Être, quel Sol ou Ciel de Certitude, et le Socle et la Souche, le Fond où prendre Appui, la Source, le Fleuve et l’Océan d’Eternité ou de Jouvence, l’Entièreté tangible d’Être et la Vision béatifique vers le Salut ? Quelle est notre Mesure, notre Envergure, notre Portée humaine ? De quel Achèvement, de quelle Complétude, de quelle Perfection faut-il rêver pour l’Accomplissement ultime du Savoir et de la Vérité, en quel Abri ? »…
Fantoche inquiet et désirant, en ai-je rêvé de la Cité parfaite et du Contentement perpétuel ! Combien de fois en ai-je désiré la Venue surprenante outre Nature et hors Raison, hors des Malédictions originelles, loin des Imperfections de la Chair étrangement souffrante et putrescible ? La Vie ne nous appartient pas, me disais-je et je considérais le Battement des Existences entre les Affres et les Ravissements, la Prairie et les Gouffres, Chemins de Crête et Ravins gigantesques, la Colline et l’Ornière, entre Plaisir et Aversion, entre les Zones ombreuses et lacunaires de la Connaissance et la Limpidité apollinienne de certains Jours de Joie diaphane dans la Légèreté inexplicable du Coeur...Voici les Corps à Filigrane de Cadavres sous le Linge mince des Peaux, la Mort sans Fin, voici la Coprésence de l’Edification et de la Ruine, la Suture monstrueuse des Fonds adverses, les Portes entrouvertes de la Vérité, Azur, Clameur tranquille du Visible en sa Profusion infinie, la Crypte mutique et ténébreuse de la Non-Vérité. Nous n’irons ni plus loin ni plus profond, peut-être, à jamais, dans le Monde et le Soi, que cette Union faramineuse, la Lutte des Irréconciliables, que l’HaineAmour prodigue des Fonds adverses inconnaissables dont nous sommes les Fantoches errants sous le Soleil et sous la Lune…
Dans les Nuits froides d’Insomnie je me demande, désabusé, honteux : « A quoi bon toute la Peine, toute la Joie des Hommes, sous le Soleil et sous la Lune, si la Chair est infailliblement faillible, depuis toujours et pour toujours sous le Soleil et sous la Lune et si périt le Corps inexorablement décomposé dans l’Enfer glacial de la Mort et si les Morts ne ressuscitent pas ? A quoi bon tout le Labeur et les Efforts humains, toutes les Inventions techniques du Grandiose à l’Infime si nous butons et à jamais sur les Aspérités du Coeur, sur les Névroses enfouies de la Conscience malheureuse, sur le Cerveau malade de la Vie même, sur les Déviances inhérentes, le Mal lui-même, si les Bonheurs ne sont et ne seront ni complets ni parfaits à cause de l’Horizon d’Abîme infâme où s’engloutit toute Réalité dans la Chorégraphie funèbre du Vivant et du Mort sous le Soleil et sous la Lune et sous la Terre scellée dans son Silence ontologique ? A quoi bon toute la Peine, toute la Joie incompréhensibles des Hommes qui ne se reconnaissent pas ? »…
Je songe aux Métamorphoses infinitésimales et silencieuses qui nous affectent et nous changent perpétuellement en Autres et nous éloignent inexorablement, à notre Insu, de ce que nous étions et de ce que nous sommes ! Et s’il faut vivre enfin dans le Temps imparti, qu’advienne enfin, sous le Soleil et sous la Lune, par un Effort prodigieux de Nous-Mêmes, le Règne universel du Moindre Mal sur la Terre, sur de futures Planètes humanisées, peut-être, dans l’Infinité de l’Espace, le Règne de la Reconnaissance mutuelle ! Et que nous soient donnés le Courage de la Patience, le fin Savoir de la Retenue malgré les Défaillances natives, l’inconditionnel Respect si la Raison le peut, noyée dans la Profusion du Sensible admirable, du Fond sans Fond de notre Humanité, la Déférence-même raisonnable envers la Multitude, les Divergences ! Ô les étranges Etrangers que nous sommes ! L’Âge et l’Incertitude assiègent et déchirent tout Bonheur et toute Vérité selon la Loi d’Indétermination ! Ô Figures incertaines sous le Soleil et sous la Lune !…..
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