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Qu'aurai-je retenu, moi, de ce séminaire
De ce que j'ai vécu que puis-je donc extraire ?
Son thème était « Les Riens », des riens considérables
Des riens nommés ainsi parce qu'impondérables.
Ce n'est pas l'intellect qui le pourra traduire
Tel n'était pas le but où l'on voulait conduire
Ce but est plus profond, plus vrai, plus incarné
Je crois que l'être entier, mon frère, est concerné
Un être qui est né avec humanité
Et même bien avant, jusqu'à l'éternité.
Je suis les quatre règnes, surtout davantage
Car ils vivent en moi laissant leur héritage
L'univers m'a donné mon corps et ma pensée
Qu'ai-je fait de ma vie jusqu'ici dépensée ?
À mon tour maintenant d'apporter mon offrande
Si modeste soit-elle et pourquoi pas plus grande
Et pourquoi pas plus grande que l'enseignement
Que je peux en tirer pour mon comportement.
Que je veux ou voudrais ? À moi de décider
De craindre ou non l'effort que pourront demander
La vie, l'événement, les autres instamment,
Pressant de toutes parts, exigeant constamment.
L'effort peut être un jeu aussi et rendre heureux.
Jeu de se mesurer, jeu d'être moins peureux
De regarder l'obstacle en le rapetissant
D'avancer pas à pas en se réjouissant
Des progrès accomplis ou de ceux à venir
Voilà tout un programme emplissant l'avenir.
Durant ces quelques jours à Aix en ce couvent
Le bonheur m'habitait, je l'évoque souvent.
Je ne saurais en dire au juste la raison
Car elle était multiple et en moi l'oraison
Allait à l'amitié, au soleil, à l'été
À notre professeur qui avait accepté
De nous faire explorer avec lui tous ces mondes
De nous faire avancer dans les allées profondes
Qui peu à peu sortaient de leur obscurité
Pour paraître à nos yeux revêtues de beauté.
Mon cœur s'est réjoui durant ce séminaire
Il en voudrait un autre, encore, où se complaire. 
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