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L'insondable Merveille de l'Ouvert...

le dimanche 14 novembre 2021, à 17:55. Posté par Avenance


    L’insondable Merveille de l’Ouvert…
    Profond Jadis ! Millions d’Années ! Puits inscrutable du très ancien Passé ! Manteau d’Abîme couvrant les Univers ! Eternité du Battement du Temps ! Forces aveugles, Energies, Pulsations ! Du Sein scellé de l’Être, l’Ouvert en sa Merveille a déchiré en Nous et hors de Nous, l’Ouvert a fissuré la Massivité du Réel et la Passivité des Mondes sourds, ensommeillés. L’Ouvert, en sa Merveille, a fracturé la Pesanteur amorphe des Astres gravitant et dévoilé un Pan du Voile de la Terre aux Mortels étonnés de leur Présence même, sans Cause ni Raison. Probablement sortis des Eaux où prit Chair toute Vie, issus de Monstres océaniques, Naissants,Vivants, Mourants, nous avons été arrachés au Règne surpuissant de la Ténèbre et de la Nuit premières, d’infinie Précession sur la Vie et l’Humain. Nous sommes tard venus et l’Antérieur nous hantera toujours…
    Tard venus et Mortels, en Exil du Silence et de l’Oubli qui nous précèdent, depuis toujours et pour toujours, en Nous et hors de Nous, nous fûmes, nous sommes et nous serons mystérieusement ouverts à la Ténèbre, à la Merveille et au Mystère lui-même de l’Ouvert, à l’insondable Obscurité de la Matière et de l’Espace et des Consciences intranquilles. L’Obscur profond de la Clarté hante l’Ouvert. La Crypte de la Ténèbre primordiale cèle en son Sein sa propre Essence dont nous gardons Echos, Lambeaux et Traces au Corps changeant, promis à la Ténèbre de la Tombe, dont nous gardons l’Eau sombre dans les Yeux, sa propre Essence ténébreuse qui monte aux Poèmes étranges et peu compréhensibles dans leur Fond, ces Chants de Désespoir et d’Emerveillement que module et reprend d’Âge en Âge, la Parole pensante…
    L’Ouvert nous crucifie et nous élève, nous éblouit à tous les Points cardinaux de la Chair, aux Forêts enchantées où fleurit le Divers, à tous les Horizons du Sens prodigue et questionnant, à l’Epars sans Mesure, tous les Attachements, toutes les Déshérences...L’Ouvert nous déshabille à toutes Luxuriances, à tous Déserts, à toutes Abjections, aux Regards implacables d’Autrui...L’Ouvert nous désenclave de l’Immobilité, de la Béatitude anténatales disparues, vers toutes les Enclaves de l’Effectif et du Possible, notre Finitude infinie, les Travaux et les Oeuvres, Figurations et Transfigurations de l’Art, en Vérité, d’Epoques en Epoques, Beauté, Effroi, en Vérité: l’Errance…
    L’Ouvert déploie, à Profusion, des Mondes infinis et d’autres Mondes dans les Mondes, de l’Infime à l’Immense, l’Imperceptible et l’Incommensurable, les Commencements et les Fins, tout Être et toutes Choses dignes d’Amour ou d’Aversion, du Jouir au Pâtir, en Nous se mêlent le Balancement et le Jeu des Contraires jusqu’à l’Indistinction, l’Amitié tout contre l’Inimitié, l’ardent Désir d’Amour contre la Soif de Vérité, les Consciences en Lutte, la Quête du Repos, le Point d’Equilibre à jamais introuvable et l’Enigme des Rêves, la Corruption des Corps, la Fin lovée dans le Commencement...Ô Splendeur et Misère ! Et l’Ouvert nous dessille jusqu’à l’Inconnaissance, nous écartèle et nous expose à la Terreur de l’Inhumain !... «  Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir... »
    Dans sa Fureur, l’Ouvert désobstrue les Parois de la Chair mutique, aveugle, vers le Miroitement du Sensible, vers l’Irisation du Visible, vers l’Epaisseur du Palpable, la Signifiance de la Peau et de tous Sens exposés à l’Incandescence du Dehors, au Risque, à la Merveille, à la Désolation vibrants, réfléchis, éclatés, unifiés au Dedans et métamorphosés dans l’Oeuvre ! Ô mon Cerveau bancal, vertigineux, tantôt une Colère ivre m’emporte envers et contre Tout de ne pouvoir atteindre la Quiétude et le Savoir, une Colère titubante et bégayante contre l’Entièreté gigantesque des Choses, contre Soi-même, contre toute Naissance, toute Usure et Blessure, une Colère gnostique et démoniaque, contre toute Poussière, toute Relique. Tantôt, un Amour insolite, une Tendresse désarmée me tiennent auprès des Autres, en Vérité semblables en Destin, auprès du Monde et de l’Epars qui m’enveloppent et se donnent, Chatoiement coloré et divers, inépuisable Joie où se conjuguent Amour et Vérité...Ô mon Cerveau bancal et tournoyant, aimant, rêvant en un Balancement pathétique et charmant ! Ô insondable Merveille de l’Ouvert !...

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