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La clandestine ( Je marche dans la ville )
Je marche dans la ville marbrée de feuilles mortes,
Sous l’automne cuivré, le soleil en déclin
A dissout l’horizon où ses rayons avortent
D’une lune enfantée dans un ciel clandestin.
Je marche dans la ville, les bourrasques relèvent
Les robes des passantes maquillées de gaité.
Ah ! si le vent savait les désirs qu’il soulève
Quand on vient d’un pays où nos corps sont cachés.
Je marche dans la ville, ses néons me rassurent,
Ses lumières tamisent l’ombre de mes frayeurs
Car je peux lui offrir ma libre chevelure…
Je regarde les hommes avec des yeux charmeurs.
Je marche dans la ville peuplée de ses sourires
Qui me font découvrir le visage des gens,
Ici la pluie qui tombe ne fait que m’embellir,
Là-bas elle s’enlaidit dans des flaques de sang.
Le long des avenues, de grands arbres défilent
Arborant sur l’écorce le temps qu’ils ont vaincu,
Les moignons de leurs branches amputées me mutile…
Des images de guerre me mitraillent la vue.
La mort a si souvent frôlée, suivie ma trace,
Les passeurs m’ont volé mes sommes d’illusions,
Qui peut avoir le droit de me voiler la face
En confondant l’amour avec la soumission.
Ce n’est pas un délit que de vouloir envier
Ce qu’on nous a décrit comme un eldorado,
On se blottit des rêves pour mieux se réfugier
Là où la liberté vous ouvre son cachot.
Je suis pareil à l’arbre voulant prendre racine
Dans le terreau fertile d’une terre choyée,
Où avec nos cultures, nos pensées qui jardinent,
Les couleurs de la peau ne font qu’un seul bouquet.
Je marche dans la ville, un peu comme vous autres,
Mais moi je suis en quête de mon identité.
Emigrée, exilée, la misère se vautre
Là où chacun de nous devient son passager.
Claude le 30 Octobre 2018
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